«La rigueur pour la rigueur n'a pas de sens» pour Manuel Valls

POLITIQUE Le député PS plaide «pour une réforme de fond»...

Avec agence

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Le député socialiste Manuel Valls, le 25 mars 2010 à Evry.
Le député socialiste Manuel Valls, le 25 mars 2010 à Evry. — G. BASSIGNAC/SIPA

Le député-maire PS d'Evry, Manuel Valls, a affirmé dimanche sur Canal+ qu'«il faut assainir les dépenses publiques» en France, mais que «la rigueur pour la rigueur ça n'a pas de sens s'il n y a pas de réforme de fond, notamment celle de la fiscalité». Alors que François Fillon a annoncé jeudi un gel des dépenses de l'Etat en valeur pendant trois ans, Manuel Valls «ne comprend pas très bien pourquoi ça vient aujourd'hui».

«Ça veut dire que pendant deux ans, trois ans, on a fait n'importe quoi sur les finances publiques, on a aggravé les déficits publics, les plus riches se sont enrichis, les plus pauvres ou les classes moyennes ont le sentiment de ne pas être pris en considération», a dit le député.

>> Le gel des dépenses est-il annonciateur d'un plan de rigueur? Notre décryptage par ici.

Il s'est prononcé pour la fixation d'un «cap» «qui allie efficacité économique, préparation de l'avenir et justice sociale», et souhaité «que l'on s'attaque aux niches fiscales», une «fusion de l'impôt sur le revenu avec la CSG» et «une réforme de la fiscalité locale» «qui est particulièrement injuste».

«Une retraite à la carte»

A propos des retraites, Manuel Valls a affirmé qu'«on ne peut pas commencer par changer l'âge légal de la retraite» car «ça va pénaliser les carrières longues les plus pénibles». Selon lui, «il faut mettre sur la table les fondements d'une réforme, une retraite à la carte, par points, qui nous permette de dépasser la question de l'âge légal, la problématique entre le public et le privé et de trouver de nouvelles ressources».

Plaidant «pour un vrai consensus entre la droite et la gauche, avec les partenaires sociaux», il a répété que «cela passe par l'allongement de la durée de cotisation». «Les Français sont prêts à des réformes (...), mais il faut aussi intégrer des éléments de justice, de santé» et ceux liés à «la dépendance, le grand âge», a-t-il conclu.