Parfois, Bernard Kouchner «enrage» contre l'Elysée

POLITIQUE Le ministre des Affaires étrangères regrette de ne «pas avoir les mains plus libres»...

Avec agence

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Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, arrive à l'Elysée le 1er mai 2010.
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, arrive à l'Elysée le 1er mai 2010. — L.BONAVENTURE/AFP

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner dit «enrager» parfois quand des décisions venant de l'Elysée contrarient la politique qu'il entend mener, dans un entretien publié dimanche par le quotidien Le Parisien.

«Je ne vous dis pas que c'est facile, ce serait mentir, je ne vous dis pas que de temps en temps je n'enrage pas, mais j'ai l'impression de travailler tout à fait correctement», souligne-t-il au sujet de la tutelle de la présidence et de ses conseillers, dont on dit depuis quelque temps, selon le Parisien, que le ministre a de plus en plus de mal à la supporter.

«Certaines décisions me conviennent, d'autres moins. J'argumente, je fais valoir mon point de vue, même avec le président de la République. J'ai regretté de ne pas avoir les mains plus libres à certains moments, mais je suis fier du travail accompli à mon poste», assure-t-il.

Influence des collaborateurs de Sarkozy

«Nous avons retrouvé notre rang et notre rôle dans la politique internationale. Croyez-vous que j'y soit complètement étranger?», interroge-t-il. Homme de gauche, Bernard Kouchner a appartenu à différents gouvernements socialistes avant d'accepter en 2007 de travailler pour un gouvernement de droite sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Les médias font régulièrement état de la forte influence exercée sur la diplomatie française par des proches collaborateurs du président, notamment le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et le conseiller diplomatique du chef de l'Etat, Jean-David Levitte. A titre d'exemple, en début d'année, Bernard Kouchner avait inscrit la Côte d'Ivoire dans une tournée africaine. Il avait été contraint par l'Elysée à y renoncer en cours de voyage, selon des diplomates.