Chantage à la sextape à Saint-Etienne : Gaël Perdriau dénonce un « acharnement » contre lui

VICTIME Le maire de Saint-Etienne assure que les accusations découlent d’une « logique politique » visant à le détruire, venant notamment de Laurent Wauquiez

20 Minutes avec AFP
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Gaël Perdriau avec Laurent Wauquiez, après le soutien du maire de Saint-Etienne à Bruno Le Maire au sein de LR.
Gaël Perdriau avec Laurent Wauquiez, après le soutien du maire de Saint-Etienne à Bruno Le Maire au sein de LR. — Bony/SIPA

Le conseil métropolitain de Saint-Etienne promet d’être une nouvelle fois houleux ce jeudi après-midi pour Gaël Perdriau, maire et président de la métropole. « Terriblement blessé » par des révélations de Mediapart sur une affaire de chantage à la vidéo intime, l’élu de 50 ans espère convaincre l’assemblée de « faire confiance à la justice » alors que plusieurs membres du conseil métropolitain l’ont appelé à démissionner.  « Le conseil métropolitain n’est pas un tribunal, les conseillers ne sont pas des juges, rien n’a changé depuis le dernier conseil métropolitain » fin septembre, a-t-il voulu balayer mercredi dans un entretien avec l’AFP et Le Progrès.

« Aujourd’hui rien n’empêche le bon fonctionnement des institutions… Le travail se déroule normalement, en dépit de toutes les attaques dont je fais l’objet. Aucun dossier n’est bloqué », a-t-il assuré. « Il y a une majorité de la majorité qui me soutient, très clairement. » Dans le même temps, l’ex-LR reconnaît être « dans une situation extrêmement difficile » : « aujourd’hui il y a une supposée victime avec une version des faits qui a été délayée dans les médias et moi qui suis le supposé coupable, avec (…) des élus qui ont sans doute un intérêt et un certain nombre de médias qui ont déjà rendu leur jugement ».

« Je n’ai jamais fait de chantage à Gilles Artigues »

Gaël Perdriau se trouve au cœur d’une enquête judiciaire sur le tournage et l’usage d’une vidéo à caractère sexuel dans laquelle on peut voir son ex-premier adjoint centriste Gilles Artigues se faire masser par un homme dans une chambre d’hôtel, fin 2014. Nommément accusé par Gilles Artigues, placé en garde à vue mi-septembre, cité dans des enregistrements audio accablants, le maire de Saint-Etienne a toujours clamé son innocence.

« Je n’ai jamais fait de chantage à Gilles Artigues. Pour obtenir quoi ? A ce jour, d’ailleurs je n’en connais toujours pas le mobile, il n’a jamais été avancé dans l’accusation », a-t-il affirmé, rappelant avoir soutenu son ex-adjoint « à toutes les élections auxquelles il a souhaité être candidat ». « Il les a toutes perdues (…) et donc il est certain qu’il n’avait plus aucune influence et que je n’avais pas besoin de cela. » « Cette histoire est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît et si les uns et les autres ont pu être choqués par ce qu’ils ont lu et entendu, la suite promet d’être tout aussi choquante », a-t-il lancé mercredi, répétant n’être « ni le commanditaire, ni l’organisateur, ni un utilisateur de cette vidéo ».

Un conflit avec Laurent Wauquiez

Il reconnaît cependant avoir évoqué ces images une fois, lors d’un échange tendu avec son adjoint en novembre 2017 à propos « de ses rencontres secrètes » avec Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Selon lui, les articles publiés par Mediapart « sont une brique d’une logique politique » destinée à le détruire.

« Je subis un acharnement avec des intérêts politiques partagés, mon avocat a transmis au juge un témoignage très clair (…) qui démontre que la publication des articles de Mediapart s’inscrit dans une logique politique beaucoup plus ancienne impliquant Gilles Artigues et des personnes extrêmement proches de Laurent Wauquiez sur le plan politique », a-t-il dit dans cet entretien à l’AFP et au Progrès.

Le maire date le début de ses ennuis à 2016 lorsqu’il a pris position en faveur de Bruno Le Maire aux primaires LR, ce que Laurent Wauquiez a pris « comme une déclaration de guerre ». « Avec Laurent Wauquiez, c’est pas compliqué, si vous ne faites pas allégeance vous devenez une cible et je ne suis pas le seul à le dire », affirme-t-il. Ses critiques vis-à-vis de la ligne adoptée par LR à la présidentielle de 2022 lui avaient coûté la vice-présidence du parti au printemps.



Élu en 2014, reconduit en 2020, il assure recevoir « beaucoup de témoignages de soutien » des habitants de la ville, face à ce « déferlement politique et médiatique injuste ». « C’est pour cela que je suis blessé : j’ai mis toute mon énergie, toutes mes tripes, toute ma vie pour Saint-Étienne », clame-t-il « Tout ce que je lis de moi aujourd’hui, ce n’est pas moi je ne suis pas cet homme qu’on décrit, qu’on salit » et « les maires de la métropole savent très bien que je ne comporte pas comme ça », assure-t-il.