Affaire McKinsey : Emmanuel Macron ne croit pas être au « cœur de l’enquête »

Réaction Le Parquet national financier a ouvert deux informations judiciaires fin octobre sur le rôle des cabinets de conseil pendant les deux dernières présidentielles

20 Minutes avec AFP
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Le président français Emmanuel Macron sort pour accueillir le premier ministre irlandais Micheal Martin avant leur rencontre à l'Elysée, à Paris, jeudi 24 novembre 2022.
Le président français Emmanuel Macron sort pour accueillir le premier ministre irlandais Micheal Martin avant leur rencontre à l'Elysée, à Paris, jeudi 24 novembre 2022. — Thibault Camus/AP/SIPA

« Je ne crains rien », assure Emmanuel Macron. Le président français a assuré vendredi croire ne pas être au « cœur de l’enquête » du Parquet national financier sur l’intervention des cabinets de conseil dans les campagnes de 2017 et 2022, jugeant « normal que la justice fasse son travail ». « Je crois que le cœur de l’enquête n’est pas votre serviteur », a affirmé le président devant des journalistes, en marge d’un déplacement à Dijon. « J’ai appris comme vous par la presse qu’il y avait des associations et des élus qui avaient décidé de saisir la justice, c’est normal que la justice fasse son travail, elle le fait librement, elle va faire justement la lumière sur ce sujet », a-t-il ajouté.

« Mes comptes de campagne de 2017, ils ont déjà été soumis à toutes les procédures, au juge, ils ont été validés par les procédures que nos lois prévoient (et) ceux de 2022 sont en chemin comme tous les candidats », a poursuivi Emmanuel Macron, disant souhaiter « que toute la lumière soit faite et que la transparence soit faite ».



Il a indiqué avoir appris par la presse l’ouverture de ces deux informations judiciaires dont une pour « favoritisme » sur l’intervention de cabinets de conseil dans les campagnes électorales de 2017 et 2022 : « personne ne m’a écrit, personne ne m’a appelé ». « Moi en l’espèce, je peux vous dire ce que fait un président de la République et ce que ne fait pas président de la République : il ne va pas s’amuser à attribuer tel ou tel marché », a-t-il ajouté. « C’est normal que la justice fasse son travail, elle le fait librement, elle va faire justement la lumière sur ce sujet », a-t-il ajouté. C’est dans la ville de Côte-d’Or, déjà, que le président-candidat avait tenté d’évacuer les premiers soupçons, fin mars, balayant les « bêtises » relayées, selon lui, par ses adversaires. « Quand on veut aller très vite et très fort sur une politique, il faut parfois avoir recours à des prestataires extérieurs à l’État », avait-il insisté.

Le Parquet national financier (PNF) a annoncé jeudi avoir confié à des juges d’instruction, fin octobre, deux enquêtes sur l’intervention des cabinets de conseil dans les campagnes électorales de 2017 et 2022. L’une porte sur des soupçons de « tenue non conforme de comptes de campagne et minoration d’éléments comptables dans un compte de campagne », l’autre vise « des chefs de favoritisme et recel de favoritisme ». En clair, la justice cherche à savoir si des cabinets de conseil n’auraient pas indûment participé au financement des campagnes du candidat Macron, avant de bénéficier en retour de juteux contrats publics.

Le chef de l’Etat est protégé par son immunité pénale, prévue à l’article 67 de la Constitution. Et son nom ne figure pas dans le communiqué très technique du PNF sur ce point. Mais c’est bien l’affaire du printemps qui ressurgit. D’autant que le Parquet national financier réagissait aux révélations du Parisien, qui venait de faire état de ces investigations pour financement illégal de sa campagne.