Assemblée nationale : Adrien Quatennens doit « prouver aux femmes que son retour peut servir », selon Sandrine Rousseau

Question Hors des bancs de LFI, le malaise demeure autour d’un éventuel retour du député du Nord

20 Minutes avec AFP
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Adrien Quatennens à la Fête de l'humanité, le 9 septembre dernier.
Adrien Quatennens à la Fête de l'humanité, le 9 septembre dernier. — MPP/SIPA

Un retour d’Adrien Quatennens à l’Assemblée est-il vraiment possible ? Les Insoumis ont récemment évoqué une « réflexion » sur un possible retour au Palais-Bourbon du député, qui s’est mis en retrait mi-septembre après avoir reconnu des violences contre son épouse, dont une gifle. Il était jusqu’à il y a peu en arrêt maladie. Sur Public Sénat, l’Insoumis Alexis Corbière avait indiqué jeudi qu’il n’y a « rien d’établi » mais que « la présidente du groupe » Mathilde Panot « a fait savoir qu’une réflexion était engagée » sur un possible retour d’Adrien Quatennens à l’Assemblée.

« La question (du retour) ne m’est pas posée à moi, elle est posée et à LFI et à Adrien Quatennens », a réagi la députée EELV Sandrine Rousseau auprès de France Inter, France Télévisions et Le Monde. Mais « c’est à lui de prouver aux femmes, notamment aux femmes battues, que son retour en politique pourrait servir ce combat-là » et ce « qu’il est prêt à faire ». « Moi je lui dis, c’est impossible de revenir maintenant à la veille d’une manifestation contre les violences comme si de rien n’était », a-t-elle précisé, en mentionnant la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles organisée le samedi 19 novembre par le collectif #NousToutes.

Olivier Véran « très mal à l’aise »

« Une gifle n’est jamais anodine, c’est un délit » et « la justice doit passer », a insisté Sandrine Rousseau. « Maintenant, il y a la question pas encore abordée dans le cadre de MeToo qui est celle du retour et de la réhabilitation », a relevé la députée de Paris. « Il y a 200.000 femmes battues, qu’es-tu capable de faire pour elles ? », a lancé l’écologiste à Adrien Quatennens.

Interrogé sur BFMTV, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran s’est dit pour sa part « très mal à l’aise » quant à un éventuel retour, même si Adrien Quatennens « n’est pas inéligible aujourd’hui ». « Dans sa vie privée il s’est manifestement rendu coupable d’un délit grave (…) Le comportement d’un député dans sa vie privée doit être d’autant plus exemplaire qu’il a vocation à représenter les autres », a estimé Olivier Véran. Adrien Quatennens est-il disqualifié comme acteur politique ? « Oui », a répondu le ministre.



Invitée de Radio J, la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet (Renaissance) a estimé à propos d’Adrien Quatennens qu' « aujourd’hui rien ne l’empêche de revenir siéger sur les bancs de l’Assemblée nationale », en l’absence de condamnation. « J’en appelle au respect de tous ».