Egalité hommes-femmes : Matignon met à l’honneur les ministres femmes, avec Edith Cresson en invitée surprise

SYMBOLE Elisabeth Borne voit en Edith Cresson « une source d’inspiration dont le parcours, encore trop rare, reste un exemple »

20 Minutes avec AFP
Edith Cresson, à Paris en 2017 (illustration).
Edith Cresson, à Paris en 2017 (illustration). — Michel Euler/AP

Elisabeth Borne a souhaité mardi soir mettre à l’honneur les femmes de son gouvernement. Et symboliquement, l’ancienne Première ministre Edith Cresson, première femme à occuper ce poste, a été l’invitée surprise d’une réception des ministres femmes organisée à Matignon par l’actuelle locataire des lieux.

Agée de 88 ans, l’ancienne cheffe du gouvernement a eu un échange « émouvant » avant cette réunion avec la Première ministre, deuxième femme à accéder à Matignon, selon l’entourage de cette dernière. Elisabeth Borne s’est d’ailleurs dite sur Twitter « honorée » de la recevoir. « Vous êtes pour toute une génération de femmes politiques une source d’inspiration dont le parcours, encore trop rare, reste un exemple. Votre présence ce soir, aux côtés des femmes de mon gouvernement, compte beaucoup », a-t-elle écrit.

Un gouvernement beaucoup moins féminin il y a 30 ans

Lors de cette première rencontre, les deux femmes ont échangé des anecdotes et évoqué la manière dont elles ont composé leur gouvernement, moins féminin du temps d’Edith Cresson, dont le gouvernement ne comptait que 6 femmes (sur 45 membres) alors que celui d’Elisabeth Borne compte autant de femmes que d’hommes (21), même si elles sont peu nombreuses à occuper des postes régaliens.

Restée 10 mois et 18 jours à Matignon (1991-1992) et partie sous les critiques, Edith Cresson est revenue « sur la classe politique qui n’était pas tendre avec les femmes » et sur « sa légitimité qui a été contestée alors qu’elle avait été maire, élue locale, conseillère régionale et quatre fois ministre », de l’Agriculture, du Commerce extérieur, du Redéploiement industriel, et des Affaires européennes.

Les deux Premières ministres « ont fait le constat que les choses avaient insuffisamment évolué » alors qu’une Première ministre femme « ne devrait plus être une question ou une source d’étonnement ». Elles ont en outre souligné leur même « relation de confiance avec leurs présidents respectifs », François Mitterrand et Emmanuel Macron, qui ont fait selon elles « un choix déterminé » en les nommant.

Seules cinq femmes sont ministres de plein exercice

Edith Cresson a ensuite rencontré les actuelles femmes ministres ou secrétaires d’Etat, qui ont salué le fait qu’elle avait « ouvert la voie pour les femmes ». Elisabeth Borne, chantre de l’égalité hommes-femmes, avait dédié sa nomination en mai « à toutes les petites filles », qu’elle avait invitées à « aller au bout de (leurs) rêves ». Dans son discours de politique générale, elle avait d’ailleurs cité Edith Cresson, qui en retour avait salué un discours « remarquable ».

Actuellement, cinq femmes sur 21 sont ministres de plein exercice : Catherine Colonna (Affaires étrangères), Sylvie Retailleau (Enseignement supérieur et recherche) Agnès Pannier-Runacher (Transition énergétique), Rima Abdul-Malak (Culture) et Amélie Oudéa-Castéra (Sports).