« Eco-terrorisme » : L’expression de Gérald Darmanin est une « insulte », juge Clémentine Autain

PETITS MOTS « L’éco-terrorisme c’est une insulte aux militants de l’écologie, c’est une insulte aux victimes du terrorisme d’associer le mot terrorisme à écologie », s’est indignée l’élue

20 Minutes avec AFP
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La députée Insoumise Clémentine Autain (gauche) accuse le gouvernement, et notamment Gérald Darmanin (droite), d'avoir fait de la gauche et des militants écologiques leur ennemi numéro 1. (MONTAGE PHOTO)
La députée Insoumise Clémentine Autain (gauche) accuse le gouvernement, et notamment Gérald Darmanin (droite), d'avoir fait de la gauche et des militants écologiques leur ennemi numéro 1. (MONTAGE PHOTO) — SIPA/Canva

La députée de LFI de Seine-Saint-Denis n’a pas apprécié l’expression du ministre de l’Intérieur. Ce lundi, Clémentine Autain a qualifié « d’insulte », le mot d'« éco-terrorisme » que Gérald Darmanin a utilisé pour dépeindre les actions des manifestants réunis dans les Deux-Sèvres afin de lutter contre un projet de vaste retenue d’eau.

« L’éco-terrorisme, c’est une insulte aux militants de l’écologie, c’est une insulte aux victimes du terrorisme d’associer le mot terrorisme à écologie », s’est indignée l’élue, dénonçant un « écran de fumée » destinée à masquer le « contenu du combat ». Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a dénoncé dimanche soir « l’éco-terrorisme » de certains militants après des affrontements, samedi dernier, entre manifestants et forces de l’ordre à Sainte-Soline (Deux-Sèvres).

Interdiction de manifester pour une cause « juste »

« De quoi on va parler ? De ce terme, d’une toute petite fraction qui avait envie d’en découdre et pas du fond du sujet qui est de savoir s’il est juste de réserver pour 12 agriculteurs des immenses bassines, qui vont dérégler le cycle de l’eau », a rétorqué Clémentine Autain.

« Ça n’adapte pas la France à la sécheresse, ça continue d’engloutir la France dans un modèle productiviste qui ne permet pas de résoudre les enjeux environnementaux qui sont les nôtres et qui profitent à un tout petit nombre d’agriculteurs », a-t-elle poursuivi. Elle a également dénoncé une « surprésence policière pas du tout de nature à apaiser les choses » et l’interdiction de manifester, malgré une cause « juste ».

« La cible numéro 1 du pouvoir en place »

« Le ministre de l’Intérieur choisit quels sont ses ennemis numéro 1. Les militants écologistes, la gauche, la Nupes, sont la cible numéro 1 du pouvoir en place », en a-t-elle conclu.

« Quand le gouvernement se fiche qu’il y ait la jeunesse dans la rue pour réclamer toute une série de changements et que le gouvernement ne le fait pas et s’entête dans l’inaction climatique, à un moment donné, en effet, elle se radicalise », a-t-elle par ailleurs analysé.