Affaire MSC : Emmanuel Macron défend le maintien « tout à fait légitime » d’Alexis Kohler à l’Elysée

dans le viseur Le bras droit d'Emmanuel Macron a été mis en examen le 23 septembre pour « prise illégale d'intérêts »

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron et Alexis Kohler, le 15 septembre 2022.
Emmanuel Macron et Alexis Kohler, le 15 septembre 2022. — Jacques Witt / SIPA

Emmanuel Macron a jugé vendredi « tout à fait légitime » le maintien de son bras droit Alexis Kohler comme secrétaire général de l’Elysée malgré sa mise en examen pour prise illégale d’intérêt, qu’il a qualifiée de simple « décision de procédure ». « Il a donc toute ma confiance », a dit le chef de l’Etat devant la presse à Prague à l’issue d’un sommet européen. Il a par ailleurs estimé que le renvoi en procès du ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti était « un cas très particulier » qui ne justifiait pas non plus un limogeage du gouvernement.

Lorsqu’il était candidat à un premier quinquennat en 2017, Emmanuel Macron avait affirmé que, « dans le principe », un ministre devait « quitter le gouvernement » en cas de mise en examen. Mais ce « principe » n’a depuis pas toujours été appliqué de manière stricte, et il est aujourd’hui vivement critiqué par les oppositions pour le maintien d’Alexis Kohler et Eric Dupond-Moretti. Interrogé sur un revirement de doctrine, le président Macron a semblé expliquer qu’il s’agissait là d’exceptions à la règle. « Pour ce qui est de mon secrétaire général, il ne vous aura pas échappé qu’il n’est pas ministre », a-t-il répondu, estimant que cette doctrine ne s’appliquait donc pas dans son dossier. 

Un soutien de taille 

« Pour ce qui est d’un homme qui, depuis plusieurs années, passe ses nuits et ses jours à servir l’État avec un dévouement et une intégrité dont je peux témoigner », « je considère que la décision que je prends » de le maintenir à son poste « est tout à fait légitime », a déclaré Emmanuel Macron. Il a fait valoir que la justice suivait son cours « en totale indépendance ». « Ce ne sont pas des décisions de procédure » qui doivent influer sur le choix de « mes collaborateurs », a-t-il martelé.



Quant au Garde des Sceaux, son futur procès résulte d’une « saisine des syndicats de la magistrature sur une affaire qui impliquait des magistrats dans une procédure où il était parti quand il était avocat ». « Et donc ça ne touche en rien, évidemment, ce qu’il a fait en tant que ministre dans son activité ni des sujets qui si je puis dire relèvent de la morale », a plaidé le président de la République. « Je considère que ça n’a rien à voir avec une jurisprudence qui existait ou les engagements que j’ai pu prendre compte tenu de la nature même de l’affaire. »