Réforme des retraites : La CFDT va « combattre » l’âge de départ à 65 ans

Ligne rouge Laurent Berger indique au « JDD » que son syndicat participera aux concertations avec l’exécutif. Il refuse toutefois de le faire « avec un pistolet sur la tempe »

20 Minutes avec AFP
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger à l'Elysée, le 24 juin 2020 (illustration).
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger à l'Elysée, le 24 juin 2020 (illustration). — Jacques Witt / Sipa

La ligne rouge de Laurent Berger sur la réforme des retraites est claire. Porter l’âge de départ à 65 ans, « c’est niet », fait en effet savoir dans le Journal du Dimanche le secrétaire général de la CFDT. En outre, si le premier syndicat français participera bien aux concertations avec le gouvernement, « il faudra que le dialogue soit ouvert et loyal ».

La semaine qui s’ouvre va être rythmée par une réunion intersyndicale lundi et une autre avec le ministre du Travail quelques jours plus tard. « Il y a de nombreux sujets sur lesquels nous avons des propositions telles que le minimum contributif, la pénibilité, l’emploi des seniors… Mais les 65 ans, on va les combattre », prévient Laurent Berger.

Arrêter de « prendre les Français pour des idiots »

« Aujourd’hui, le facteur âge n’a plus grand sens : les salariés partent en moyenne à 63,1 ans. Reculer à 65 ans, c’est une mesure brutale » et « il n’est pas question de discuter avec un pistolet sur la tempe ». Pour lui, il faut arrêter de « prendre les Français pour des idiots. Le risque de déséquilibre budgétaire lié au baby-boom a été maîtrisé ».

La Première ministre Elisabeth Borne avait annoncé jeudi qu’une concertation sur la réforme des retraites débuterait dès la semaine suivante avec les partenaires sociaux, en vue d’un projet de loi qui devra être adopté « avant la fin de l’hiver ». Un calendrier resserré, mais tout de même moins que l’hypothèse d’un amendement au budget de la Sécu, qui avait provoqué une levée de boucliers des syndicats.

Cette nouvelle concertation sur les retraites a été favorablement accueillie par les syndicats, unanimement opposés à un « passage en force » cet automne. Ils ont cependant précisé attendre désormais que l’exécutif fasse preuve de « loyauté ».

La CFDT continuera par ailleurs de participer au Conseil national de la refondation (CNR), initié par Emmanuel Macron. Et « comme tous les autres syndicats », la CFDT ne prendra pas part à la marche contre la vie chère le 16 octobre, organisée par LFI, le PS, EELV, et d’autres organisations. Car, selon le responsable de la CFDT, « il ne faut pas confondre démarche politique et action syndicale ».