Jean-Christophe Lagarde au tribunal pour des soupçons d’emploi fictif

une affaire de plus Le patron de l’UDI est soupçonné d’avoir octroyé un emploi fictif d’assistante parlementaire à sa belle-mère

20 Minutes avec AFP
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Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, à l’Assemblée nationale le 10 septembre 2019.
Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, à l’Assemblée nationale le 10 septembre 2019. — Olivier CORET/SIPA

Un chef de parti et ancien député à la barre. Le patron de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, comparaît lundi devant le tribunal correctionnel de Paris aux côtés de sa belle-mère, à qui il est soupçonné d’avoir octroyé un emploi fictif d’assistante parlementaire.

Défait aux législatives de juin après quatre mandats successifs, l’ancien député de Seine-Saint-Denis répondra de « détournements de fonds publics » au profit de Monique Escolier-Lavail, la mère de sa femme. Employée à l’Assemblée pendant quinze mois à la fin des années 2000, elle sera jugée pour « recel » de ce délit.

Joint par l’AFP, l’avocat de Jean-Christophe Lagarde évoque un « dossier vide » et dénonce l’enquête « exclusivement à charge » menée de bout en bout par le Parquet national financier (PNF). « Monsieur Lagarde n’a jamais pu dialoguer avec un juge et va donc avoir, pour la première fois, l’occasion de s’expliquer », se félicite Me Yvon Goutal.

La plainte d’un conseiller d’opposition

Le PNF avait ouvert son enquête en octobre 2017, après la plainte de Hacène Chibane, conseiller d’opposition EELV à Drancy (Seine-Saint-Denis), qui s’interrogeait notamment sur l’emploi d’assistante parlementaire de l’épouse de Jean-Christophe Lagarde, Aude Lavail-Lagarde, entre 2002 et 2014. Cette dernière, qui a succédé à son mari à la tête de la ville de Drancy en 2017, avait démissionné de ces fonctions à l’Assemblée en 2014, après qu’un militant centriste eut accusé Jean-Christophe Lagarde de l’employer illégalement.

Dans sa plainte, Hacène Chibane accusait également Jean-Christophe Lagarde, maire de 2001 à 2017, d’avoir fait prendre en charge par la commune le salaire de plusieurs assistants parlementaires travaillant à ses côtés. A l’issue de son enquête, le PNF n’a toutefois retenu que le cas de la belle-mère de l’ancien édile, dont la réalité du travail parlementaire est contestée par Hacène Chibane. « Elle n’avait aucune compétence parlementaire, si ce n’est d’être la belle-mère de Jean-Christophe Lagarde », affirme l’élu d’opposition.

Des nuages judiciaires

Allié à LR lors des dernières législatives, le patron de l’UDI (Union des démocrates et indépendants) depuis 2014 a vu les nuages judiciaires s’accumuler ces derniers mois.

Début septembre, l’ex-député de 54 ans a été placé en garde à vue dans l’enquête sur les fausses accusations, relayées par Le Point, contre celle qui lui a ravi son siège à l’Assemblée en juin, Raquel Garrido, et son mari Alexis Corbière. L’hebdomadaire reprochait indûment au couple de députés LFI d’avoir employé une femme de ménage sans papier.

Aucune poursuite n’a été engagée à ce stade contre Jean-Christophe Lagarde, mais un de ses anciens collaborateurs a été mis en examen dans ce dossier, notamment pour « escroquerie en bande organisée » et « faux et usage de faux ».

Son élection à Drancy annulée

Début septembre, le tribunal administratif de Montreuil a par ailleurs annulé l’élection de Jean-Christophe Lagarde comme adjoint au conseil municipal de Drancy, où il cherche à siéger depuis sa défaite aux législatives, en raison d’irrégularités lors du scrutin. Dans la pratique et même pendant sa députation, Jean-Christophe Lagarde n’a jamais abandonné la gestion des affaires courantes de la ville, notamment en tant que conseiller municipal chargé de la coordination des conseils de quartier.

En mars 2021, le patron de l’UDI avait par ailleurs été placé en garde à vue après la découverte de plusieurs armes à son domicile par des policiers, appelés pour un différend familial.