Avec son parti « Nous France », Xavier Bertrand fait-il du neuf avec du vieux ?

A DROITE Samedi, Xavier Bertrand organise les rencontres fondatrices de « Nous France », le parti politique dont il a annoncé la création, fin juillet. Une machine sur mesure pour emmener le président des Hauts-de-France vers la présidentielle de 2027

Mikaël Libert
Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et fondateur du parti «Nous France» (illustration).
Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et fondateur du parti «Nous France» (illustration). — V. WARTNER / 20 MINUTES
  • Le congrès fondateur du nouveau parti de Xavier Bertrand, « Nous France », aura lieu samedi dans son fief de Saint-Quentin, dans l’Aisne.
  • Avec ce nouvel outil sur mesure, le patron des Hauts-de-France s’affranchit de primaires incertaines à LR.
  • Il reste toutefois un parti associé aux Républicains. Pour l’instant…

Mais quel est son projet ? Fin juillet, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, annonçait la création de son mouvement, « Nous France », dont le congrès fondateur aura lieu dans son fief de Saint-Quentin, samedi. Un timing qui tombe quelques mois après la déroute totale des Républicains (LR) à l’élection présidentielle et quelques mois avant l’élection de leur nouveau président. Avec ce nouvel outil sur mesure, le patron des Hauts-de-France s’affranchit de primaires incertaines et s’offre une belle ligne droite vers 2027.

On ne peut pas reprocher à Xavier Bertrand son manque d’ambition, ne serait-ce qu’en épluchant son CV. Une ambition néanmoins posée depuis quelques années au centre de l’hémicycle du conseil régional des Hauts-de-France. Et s’il jure ses grands dieux qu’il est très investi sur le terrain local, ce qui est objectivement vrai, Xavier Bertrand ne cache pas son appétence pour briguer la mandature suprême : l’Elysée. Il a d’ailleurs tenté le coup, en vain, en jouant le jeu des primaires des Républicains en amont de la dernière présidentielle. Alors quoi de mieux que fonder son propre parti si l’on veut être sûr d’être investi le moment venu ? « Nous France », c’est ce que Xavier Bertrand aurait voulu faire de LR s’il en avait eu l’occasion.

Travail, autorité, immigration

Alors que LR ne saura pas sur quel pied danser avant d’élire son nouveau président, en décembre prochain, Xavier Bertrand, lui, déroule son programme. Celui d’une droite qui prône « la valeur de l’effort et du travail ». Mais aussi celui d’une droite plus ferme, qui revendique « l’identité française », qui freine l’immigration et qui serre la vis autour de « l’autorité de l’Etat ». Le plaidoyer de « Nous France » reprend aussi l’idée qu’une bonne partie des problèmes du pays viennent de sa gouvernance. « L’autorité, la République des proximités, ce sont des thèmes que Xavier Bertrand a avancés pendant les primaires et qu’il veut continuer de défendre », explique Marc-Philippe Daubresse, sénateur LR du Nord.



Ce dernier, éléphant de LR, participera d’ailleurs au lancement de « Nous France », samedi, avec bien d’autres membres de LR, notamment Bruno Retailleau ou Sébastien Huyghe, patron de LR du Nord. Rien d’étonnant puisque l’ensemble des délégués régionaux de « Nous France » ainsi que son secrétaire général, Bernard Deflesselles, sont membres ou anciens membres de LR. « Xavier Bertrand a dit que, sous réserve de la ligne politique qu’allaient adopter les Républicains, il allait rester parti associé », précise Marc-Philippe Daubresse. « Rien de neuf sous le soleil », estime Sébastien Huyghe qui se convainc que « Nous France » est davantage une fabrique à idées qu’une écurie présidentielle.

« ''Nous, France'' est enfin un appel solennel à l’unité », est-il mentionné dans la « vision » du parti. Sauf qu’à la fin, il faudra bien se mettre d’accord sur le nom de celui qui sera investi pour la présidentielle de 2027. C’est là que l’association et l’unité pourraient voler en éclats : « On verra qui sera élu président de LR. Si c’est Retailleau, le projet de Xavier Bertrand a toute sa place à nos côtés », estime le sénateur. Un « on verra » partagé par le président de LR du Nord : « La route est encore longue jusqu’à 2027, bien malin qui peut dire ce qu’il va se passer », lâche Sébastien Huyghe.