Chantage politique à la sextape : Un adjoint du maire de Saint-Etienne annonce sa démission

vidéo compromettante Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, a pour sa part décidé jeudi de déléguer ses fonctions représentatives à la métropole et à la mairie

20 Minutes avec AFP
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Le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, était entendu le 13 septembre 2022 dans le cadre d'une information judiciaire sur des accusations de chantage à son encontre.
Le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, était entendu le 13 septembre 2022 dans le cadre d'une information judiciaire sur des accusations de chantage à son encontre. — Jean-Philippe KSIAZEK

Samy Kéfi-Jérôme, un des adjoints du maire LR de Saint-Etienne mis en cause dans l’affaire de chantage politique à la sextape qui secoue la ville depuis fin août, a annoncé vendredi avoir démissionné de ses mandats à la ville et à la métropole. « J’ai présenté ce matin ma démission de mes mandats de conseiller municipal et conseiller métropolitain » à la préfète de la Loire « et j’en ai informé monsieur le maire », écrit l’adjoint municipal à l’éducation dans un communiqué transmis à l’AFP.

Dans la tourmente depuis les confessions d’un ancien proche de la municipalité sur un « barbouzage de mœurs » remontant à 2015, le maire Gaël Perdriau a pour sa part décidé jeudi de déléguer ses fonctions représentatives à la métropole et à la mairie dans un souci de retour à la « sérénité ». En début de semaine, l’élu de 50 ans avait déjà limogé son directeur de cabinet, également sous le feu des critiques à cause de son rôle présumé dans le chantage.

« Attaques personnelles »

L’affaire a éclaté fin août quand le site Mediapart a publié les confessions détaillées de l’ancien compagnon de Samy Kéfi-Jérôme sur le tournage d’une vidéo compromettante, commanditée selon lui par le maire et son entourage pour neutraliser l’ex-premier adjoint centriste, Gilles Artigues. Selon lui, l’opération a été rétribuée via des prestations fictives facturées à deux associations culturelles subventionnées par la mairie. Gaël Perdriau a été placé en garde à vue le 13 septembre, en même temps que son délateur, son adjoint à l’éducation et son directeur de cabinet.

« Je déplore les attaques personnelles dont je fais l’objet et constate que les conditions d’exercice de mes fonctions ne sont plus réunies », souligne vendredi dans son communiqué Samy Kéfi-Jérôme en soulignant qu’il vivait « comme une profonde injustice » les accusations le visant.

L’élu de 42 ans siégeait au conseil municipal de Saint-Etienne depuis 2014, date d’élection de Gaël Perdriau à la tête de cette ville en plein déclin industriel. Il n’a pas démissionné de ses fonctions au conseil régional mais avait été suspendu, fin août, de ses fonctions de délégué à la stratégie digitale par le président de la région Laurent Wauquiez (LR).