Violences faites aux femmes : Des députées LFI assument de « tâtonner » sur une question « complexe »

SORTIE DES RAMES Jean-Luc Mélenchon a réitéré sa « confiance » à Adrien Quatennens qui a admis des violences conjugales, suscitant des critiques en interne

20 Minutes avec AFP
La député Insoumise Clémentine Autain à la Fête de l'Humanité, début septembre.
La député Insoumise Clémentine Autain à la Fête de l'Humanité, début septembre. — Gabrielle CEZARD/SIPA

Elles admettent « tâtonner » encore face à la gestion des cas de violences sexistes au sein du mouvement. Toutefois, des députées LFI se sont défendues mardi d’avoir « tergiversé » sur la mise en retrait de leur collègue Adrien Quatennens en raison de violences conjugales.

« Personne n’a tergiversé pour dire qu’Adrien Quatennens devait être mis en retrait », a assuré devant la presse la députée LFI Clémentine Autain, interrogée sur le fait que Jean-Luc Mélenchon avait réitéré sa « confiance » au jeune député, suscitant des critiques en interne.

Les limites de la « transparence totale »

Pour gérer les cas de violences sexistes, « nous essayons de mettre des mécanismes en place, ça n’est pas parfait », a admis la députée, lors de la conférence de presse de rentrée de son groupe politique à l’Assemblée, estimant nécessaire « de travailler plus avant ces questions-là et peut-être de manière transpartisane ».

Clémentine Autain a toutefois estimé qu’il fallait reconnaître la « complexité » de telles situations, nécessitant de respecter la présomption d’innocence des mis en cause, de prendre en compte la difficulté sur le plan humain de traiter le cas de « camarades » ou encore le respect des victimes. Elle a aussi souligné les limites de « la transparence totale », en référence aux déclarations la veille de la députée écologiste Sandrine Rousseau, disant avoir reçu une femme accusant le secrétaire national d’EELV Julien Bayou de « comportements de nature à briser la santé morale des femmes ».

« Nous assumons des défaillances »

« Quand j’entends Sandrine Rousseau hier [dire] par exemple que l’ex-compagne de Julien Bayou qu’elle a reçue elle-même (…) a fait une tentative de suicide, je ne sais pas si cette femme a envie que toute la France sache qu’elle a fait une tentative de suicide », a-t-elle dit.

« Oui, nous assumons que nous tâtonnons, que c’est une question difficile », a déclaré de son côté la députée LFI Danièle Obono, également interrogée sur la gestion par son mouvement des cas de violences sexistes ou sexuelles. « Nous assumons d’avoir des défaillances, de ne pas avoir un protocole parfait ».

Une formation « obligatoire »

Danièle Obono a souligné que les députés LFI allaient assister à une formation « obligatoire » sur les violences sexistes et sexuelles lors de leurs journées parlementaires programmées jeudi et vendredi pour préparer la rentrée parlementaire.

Figure de la jeune garde de La France insoumise (LFI), le député Adrien Quatennens, sous le coup d’une enquête après une main courante déposée pour violences conjugales, a annoncé dimanche qu’il se mettait « en retrait de sa fonction de coordinateur » du mouvement, reconnaissant des violences envers son épouse.