Conseil national de la refondation : Macron lance ce jeudi un CNR boycotté par les oppositions

DEBATS Le président va donner à 9h30 le coup d’envoi du CNR, qui aura cinq grands thèmes : le plein-emploi, l’école, la santé, le bien vieillir et la transition écologique

20 Minutes avec AFP
Emmanuel Macron recevant François Bayrou à l’Elysée le 21 juin 2022 (illustration).
Emmanuel Macron recevant François Bayrou à l’Elysée le 21 juin 2022 (illustration). — JEANNE ACCORSINI/SIPA

C’est une instance qui a pour objectif d’élaborer « une manière nouvelle de débattre » mais qui va devoir le faire avec un nombre restreint de participants. Emmanuel Macron installe ce jeudi le Conseil national de la refondation (CNR), déjà boycotté par les oppositions.

« Nous devons aujourd’hui inventer quelque chose de nouveau, une manière nouvelle de débattre. Pas une nouvelle institution », a esquissé le chef de l’Etat dans une vidéo diffusée mercredi devant le congrès de la Mutualité française. « Engager un dialogue constructif », « résoudre les difficultés quotidiennes des Français », « remettre de la confiance » dans le débat public : L’Elysée marque une « volonté d’inscrire cette démarche dans la durée » et promet de premiers résultats dès 2023 sur l’école ou la santé. Outre ces deux thèmes, le plein-emploi, le bien vieillir et la transition écologique seront au menu des discussions.

Bayrou à la tête du CNR

Une cinquantaine de participants représentatifs « des forces vives de la Nation » sont attendus de 09h30 à 18 heures au Centre national du rugby à Marcoussis, dans l’Essonne. Pour François Bayrou, qui doit piloter le CNR, il s’agit de « prendre le temps nécessaire pour conduire du constat à une idée de l’avenir ». Mais il admet que la tâche s’annonce « très difficile ».

Si les responsables de huit associations d’élus seront finalement présents, il manquera les principaux leaders des partis politiques d’opposition, ainsi que les dirigeants de la CGT et de FO. Seuls trois syndicats - la CFDT, la CFTC et l’Unsa - feront le déplacement. Absent remarqué aussi, l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, qui sera au Québec mais se fera représenter.

Un « nouveau "machin" »

Gérard Larcher, le président LR du Sénat, a refusé de venir. Il a rappelé sur France Inter que « la démocratie représentative » c’est le Parlement, et qu’il existe déjà un « forum de la société civile » avec le Conseil économique, social et environnemental. Alexis Corbière (LFI) dénonce pour sa part un « bazar » pour « esquiver le parlement », Marine Le Pen (RN) un « gadget », quand Olivier Faure (PS) n’y voit « aucun intérêt ». François Hollande, jamais avare de piques envers son successeur, doute aussi de la nécessité d’un « nouveau "machin" ».

L’exécutif veut cependant croire que les absents changeront bientôt d’avis. « Je prends le pari avec vous qu’à l’heure des conclusions, tout le monde sera autour de la table », a lancé mercredi le porte-parole du gouvernement Olivier Véran. En attendant, Emmanuel Macron introduira la réunion, avant d’échanger sur les attentes des participants, qui écouteront aussi de courts exposés de la présidente du Haut-Conseil pour le climat, Corinne Le Quéré, du Premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, et du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Dans l’après-midi, la Première ministre Elisabeth Borne pilotera une réunion pour déterminer les chantiers et établir leur mise en œuvre dans la durée.