Reconquête ! : La rentrée difficile d’Eric Zemmour, marquée par la colère de figures de son parti

PURGE Les statuts du parti de l’ex-candidat à la présidentielle ont changé provoquant la colère de Gilbert Collard, Jacline Mouraud ou encore Jérôme Rivière

20 Minutes avec AFP
Eric Zemmour en meeting à Cogolin, en juin 2022 (illustration).
Eric Zemmour en meeting à Cogolin, en juin 2022 (illustration). — SOPA Images/SIPA

Eric Zemmour va tenter cette semaine de se relancer. Affaibli par ses défaites aux dernières élections, il veut s’écrire un avenir politique avec son mouvement, Reconquête !, dont le changement de statut a provoqué la colère de figures historiques.

« Je suis fier et heureux de vous annoncer que vous avez été plus de 96 % à voter pour les nouveaux statuts » : samedi, l’ancien polémiste s’est voulu triomphal pour annoncer la mue de son parti. Cette première étape d’une rentrée médiatique et politique doit atteindre son point d’orgue durant le week-end aux confins du Var et des Alpes-de-Haute-Provence, le temps d’une université d’été.

Plus de « président d’honneur »

L’ambiance promet toutefois d’être orageuse : Gilbert Collard s’est insurgé contre ces élections internes qui ne « respectent pas le processus démocratique ». A la faveur des nouveaux statuts, l’ancien RN a perdu son titre de « président d’honneur », fonction purement et simplement supprimée de l’organigramme du parti.

De même, le « Comité politique » n’existe plus : l’une de ses membres, Jacline Mouraud, figure des gilets jaunes, a annoncé lundi claquer la porte du mouvement politique, en dépeignant Eric Zemmour comme « un homme sous l’influence notoire de sa compagne, Sarah Knafo » à la « conduite autocratique ». Un autre ponte de ce feu comité, l’eurodéputé Jérôme Rivière, se présente désormais comme un « simple adhérent » en même temps qu’il a affiché son soutien à la grogne de Gilbert Collard.

Pour diriger le parti, les nouveaux statuts prévoient un « bureau exécutif » présidé par Eric Zemmour et composé de trois vice-présidents élus par le Congrès mais « sur proposition du président », ainsi qu'« un à trois » membres supplémentaires désignés directement par le même président. Manière d’assurer à Eric Zemmour la mainmise pendant au moins les trois prochaines années, durée de son mandat à la tête du parti. Et les adhérents ont jusqu’à mercredi pour entériner la reconduction de Marion Maréchal, Nicolas Bay, Guillaume Peltier, Stanislas Rigault et Sarah Knafo dans l’instance exécutive.

Compter les troupes

Au-delà, c’est la stratégie d’Eric Zemmour qui est remise en cause. Avec 7,07 % des suffrages au premier tour de la présidentielle, il est certes parvenu à se dégager un espace politique à droite, mais n’a pas fait le poids face à Marine Le Pen. « Il n’arrivera jamais à capter un électorat populaire », note un député RN. Dans son long communiqué de démission, Jacline Mouraud pointe elle aussi un manque de « compréhension des préoccupations des gens ordinaires ».

Ce week-end, il s’agira d’ailleurs de compter les troupes, alors que plus de 5.000 militants sont annoncés. Si, longtemps, le parti a revendiqué plus de 130.000 adhérents, seuls 32.000 ont pris part au vote sur le changement de statuts. Le début de la fin pour la carrière politique d’Eric Zemmour ? « J’ai réfléchi, j’ai pensé arrêter et puis je me suis dit : (…) je me suis jeté à l’eau pour tenter d’arrêter la disparition programmée de la France », a-t-il fait valoir lundi sur BFMTV. En estimant une fois encore que s’il avait « eu tort électoralement », il avait « eu raison pour l’Histoire ».