Imam Iquioussen : Aurélien Pradié (LR) plaide pour une « Cour de sûreté »

EXPULSION Le secrétaire général LR veut une « Cour de sûreté » dans les dossiers de terrorisme, alors que la justice administrative a suspendu vendredi l’expulsion de l’imam vers le Maroc

20 Minutes avec AFP
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Aurelien Pradie, depute LR de la 1ere circonscription du Lot, elu aux elections legislatives, a l Assemblee Nationale le 22 juin 2022, a Paris. Paris, FRANCE - 22/06/2022                                     Aurelien Pradie, deputy LR of the 1st district of the Lot, elected at the legislative elections, at the National Assembly on June 22, 2022, in Paris. Paris, FRANCE - 22/06/2022//04HARSIN_NOUVEAUXDEPUTESASSEMBLEENATIONALE044/2206222247/Credit:ISA HARSIN/SIPA/2206222308
Aurelien Pradie, depute LR de la 1ere circonscription du Lot, elu aux elections legislatives, a l Assemblee Nationale le 22 juin 2022, a Paris. Paris, FRANCE - 22/06/2022 Aurelien Pradie, deputy LR of the 1st district of the Lot, elected at the legislative elections, at the National Assembly on June 22, 2022, in Paris. Paris, FRANCE - 22/06/2022//04HARSIN_NOUVEAUXDEPUTESASSEMBLEENATIONALE044/2206222247/Credit:ISA HARSIN/SIPA/2206222308 — ISA HARSIN

La polémique ne retombe pas. Le secrétaire général des Républicains Aurélien Pradié a plaidé mardi pour créer une « Cour de sûreté » dans les dossiers de terrorisme, alors que la justice administrative a suspendu vendredi en urgence l’expulsion de l’imam Iquioussen vers le Maroc.

« Je fais partie de ceux qui pensent que nous devons installer dans notre pays une Cour de sûreté de la République dont la mission sera de traiter en urgence des décisions d’expulsions de celles et ceux qui menacent la sécurité sur notre territoire », a-t-il indiqué sur Europe 1.

« Il faut nous réarmer »

Critiquant le rôle « des juges qui aujourd’hui ont pris une ampleur trop importante dans notre pays », il a estimé qu’il faut non « pas proposer des lois cosmétiques qui ne fonctionneront pas », mais « réorganiser le système ».

Dans cette « lutte contre les haines et le terrorisme », « il faut nous réarmer. C’est une nécessité absolue pour la défense de nos valeurs », a justifié le député du Lot, qui réserve par ailleurs pour la rentrée une possible décision de candidature à la présidence de LR.

Aurélien Pradié n’a pas précisé davantage les prérogatives qu’aurait selon lui cette Cour de sûreté. Il a estimé à propos du cas de l’imam Iquioussen que le ministre de l’Intérieur « « Gérald Darmanin s’est pris les pieds dans le tapis » et que cette affaire « démontre toute son impuissance depuis des années », où ses « grandes paroles » ont abouti à de « très faibles actes ».

Une idée de longue date à droite

Ce n’est pas la première fois que l’idée d’une telle Cour apparaît dans le débat à droite. Au printemps 2021, Guillaume Peltier, alors numéro deux des Républicains, s’était attiré les foudres des ténors du parti en souhaitant le rétablissement d’une Cour de sûreté – juridiction créée par le général de Gaulle en 1963 et supprimée après l’élection de François Mitterrand – qui pourrait placer en rétention, sans possibilité d’appel, dans les dossiers de terrorisme. Peltier avait finalement été démis de ses fonctions.

Au Rassemblement national, Marine Le Pen a, pendant la campagne présidentielle, réclamé une « législation d’exception », avec une Cour de sûreté de l’Etat ou une « mise au ban » de l’islamisme, mais en promettant qu’elle serait « conforme à l’Etat de droit et n’affectera (it) aucunement les libertés publiques ».

Le ministère de l’Intérieur a fait appel devant le Conseil d’Etat de la décision de suspendre l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen. Ce prédicateur est accusé par les autorités françaises d’avoir tenu des propos antisémites, homophobes et « anti-femmes », lors de prêches ou de conférences, il y a près de 20 ans pour certains.