Nicolas Sarkozy reçoit les parlementaires UMP dans une ambiance tendue

POLITIQUE Opération séduction pour le chef de l'Etat qui sent venir la fronde dans les rangs de son propre camp...

Corentin Chauvel

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T. ROGE / REUTERS

Le réajustement de François Fillon lundi n'aura pas suffi. Les parlementaires UMP ne sont pas tous contents et ils comptent bien se faire entendre par Nicolas Sarkozy qui les reçoit ce mercredi soir à l'Elysée, après le conseil des ministres.

Les efforts de Nicolas Sarkozy insuffisants

Comment en est-on arrivé là? Le piteux résultat des élections régionales a sérieusement touché au moral des députés de la majorité présidentielle qui ne se reconnaissent plus dans la stratégie politique de leur leader, embourbée dans la crise économique et la difficile mise en place de réformes impopulaires.

Alors, Nicolas Sarkozy a consenti à faire quelques efforts: léger remaniement ministériel en évitant soigneusement de poursuivre l'ouverture à gauche et abandon de la taxe carbone. Sauf que les parlementaires UMP ne veulent pas en rester là et ils ont profité du voyage du chef de l'Etat aux Etats-Unis pour remettre en cause bruyamment le bouclier fiscal.

Le bouclier fiscal remis en cause

Mesure phare du candidat Nicolas Sarkozy fraîchement élu à la tête du pays en 2007, cette règle, qui plafonne les impôts à 50% du revenu d'un contribuable, ne fait plus l'unanimité, surtout en temps de crise. Le pic des critiques a été atteint mardi lorsque le patron des députés UMP Jean-François Copé a déclaré qu'il n'avait «pas de religion définitive» sur la remise en cause du bouclier fiscal.

Même si officiellement, les troupes suivent leur chef, Jean-François Copé s'est inscrit dans le sillage de Dominique de Villepin et d'Alain Juppé, qui lorgnent tous les deux sérieusement sur une candidature en 2012.

Le Nouveau Centre se détache

«Sans Nicolas Sarkozy, place à la division. Avec lui, c'est la cohésion», martèle ce mercredi le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, dans Le Figaro. Au chef de l'Etat donc de démontrer qu'il est toujours «le seul dénominateur commun» à droite en vue de la prochaine élection présidentielle.

Parce qu'il n'y a pas qu'au sein de l'UMP que les esquisses de division se font sentir. Les alliés du Nouveau Centre se sentent eux aussi délaissés par le gouvernement et songent très fortement à faire cavalier seul en 2012. Pas non plus très friands du bouclier fiscal, les centristes ont également décliné l'invitation du Premier ministre lundi soir, préférant tenir leur propre «mini-journée parlementaire» mardi à l'Assemblée nationale.