Bouclier fiscal: le patron des députés UMP prend ses distances

POLITIQUE Plusieurs députés de la majorité réclament l'abrogation de la mesure, honnie par la gauche...

Avec agence

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Jean-François Copé, chef des députés UMP à l'Assemblée Nationale, le 30 janvier à Paris.
Jean-François Copé, chef des députés UMP à l'Assemblée Nationale, le 30 janvier à Paris. — SIPA

La fronde prend de l’ampleur. Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a déclaré mardi qu'il n'avait «pas de religion définitive» sur la remise en cause du bouclier fiscal, une requête formulée par plusieurs membres de la majorité, déstabilisés après la sévère claque des régionales.

Ces derniers mois, Jean-François Copé était pourtant l'un des plus ardents défenseurs du bouclier fiscal, fortement désiré par le président Nicolas Sarkozy et voté à l'été 2007. Signe du changement de ton dans la majorité, cette déclaration relève également d’un choix tactique, alors que le président doit rencontrer mercredi des députés UMP.

«Jusqu'à présent, on n'osait pas parler du bouclier fiscal»

Désormais rejoint dans sa critique par Dominique de Villepin ou Gérard Longuet, l'ex-Premier ministre Alain Juppé a répété mardi qu'il fallait aménager la règle qui plafonne les impôts à 50% du revenu d'un contribuable. «Ca ne me choquerait pas qu'on demande aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire vis-à-vis de ceux qui souffrent», a-t-il dit, estimant que les choses avaient «changé» depuis l'adoption du «paquet fiscal», en 2007.

Lundi, dans le huis clos du séminaire des parlementaires UMP à Paris en présence de François Fillon, le sénateur Jean-Pierre Fourcade avait carrément demandé la suspension de la mesure «tant que la situation financière» du pays ne s'améliore pas, ont rapporté des participants.

«Jusqu'à présent, on n'osait pas parler du bouclier fiscal. La parole s'est un peu libérée, on s'autorise à verbaliser sur ce dispositif en proposant d'autres solutions», a déclaré mardi la députée filloniste de Meurthe-et-Moselle, Valérie Rosso-Debord.

«Enfin, on commence à être entendus!»

«Enfin, on commence à être entendus!», a renchéri mardi le villepiniste François Goulard alors que Lionnel Luca juge que «supprimer le bouclier fiscal serait une mesure tout à fait légitime, avec la suppression de l'ISF et en créant une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu».

Le bouclier «est devenu insupportable, y compris au sein de la majorité», estime l'ex-premier secrétaire du PS François Hollande, à l'unisson de son camp pour dénoncer «un verrou inégalitaire» qui «est en train de sauter». Mais pour l'instant l'exécutif ne donne pas vraiment de signe en ce sens.

Dimanche, dans une longue interview visant à assurer qu'il maintiendrait le cap des réformes, François Fillon s'est refusé à envisager une abrogation, qualifiant d'«argument démagogique» une suppression du bouclier fiscal afin d'envoyer un signe de justice sociale au pays. Une position reprise par le nouveau ministre du Budget, François Baroin, favorable au maintien du bouclier fiscal à 50%, «un bon principe d'équité fiscale» selon lui, selon le quotidien Les Echos daté de mercredi.