La réforme des retraites, chantier prioritaire du gouvernement

POLITIQUE Ce dossier est plus qu'important pour Nicolas Sarkozy, qui l'a confié à Eric Woerth, un de ses fidèles...

Bérénice Dubuc

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C’est LE gros dossier de la deuxième partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy. François Fillon a d’ailleurs confirmé dimanche que cette réforme demeurait à l'ordre du jour. Une réforme essentielle, puisque d’elle dépend en partie le redressement des finances publiques, mais aussi parce que le Conseil d'orientation des retraites a tiré la sonnette d’alarme: le déficit de la branche s'élecait à 9,5 milliards en 2009, et est estimé à 11 milliards pour 2010. «J'ai le devoir de sauver le régime de retraite», a répété Nicolas Sarkozy à de nombreuses reprises.

Ce qui avait été annoncé

Serpent de mer de la vie politique depuis les années 90, la dernière réforme des retraites date d’août 2003, et avait été conduite par François Fillon, alors Ministre des Affaires sociales. En juin 2009, Nicolas Sarkozy a ouvert devant le Congrès, le chantier d’une grande réforme des retraites pour «la mi-2010». Il avait alors assuré que «tout [serait] mis sur la table», notamment l’âge de la retraite, option la plus sensible puisque aucun gouvernement n’a touché au relèvement de l’âge de départ, aujourd’hui fixé à 60 ans.

Ce qui s’est passé

En février, à l’issue d’un sommet social à l'Élysée, le président a esquissé un calendrier, avec un début des négociations mi-avril, et le dépôt d'un projet de loi «début septembre». L'examen du texte advenant à l'automne.

Ce qui va se passer

Pour que tout se passe selon son calendrier, le président a organisé le mini remaniement du gouvernement en conséquence: le chef de l’Etat a confié le chantier à un fidèle, Éric Woerth, passé du ministère du Budget à celui des Affaires sociales, qui maîtrise parfaitement le dossier puisqu’il défendait le projet de loi de financement de la Sécurité sociale au Parlement depuis 2007.

De plus il lui a laissé la tutelle du secrétariat d'Etat à la Fonction publique, alors qu'il était depuis 2007 rattaché à Bercy, et nommé Georges Tron, spécialiste de la question, alors que cette charge n’était officiellement dévolue à personne depuis le départ d’André Santini. Nicolas Sarkozy remet ainsi sous la coupe de son fidèle lieutenant les deux pendants - le régime général et celui des fonctionnaires - de ce chantier d’envergure, pour plus de cohérence dans la réforme.

Ce mardi, Eric Woerth, a souhaité «mener à bien la réforme des retraites pour protéger» le système actuel, ajoutant qu'il faudrait «beaucoup expliquer et aboutir à une réforme équitable». Le gouvernement privilégie l'allongement de la durée de cotisation et la remise en cause de l'âge légal de départ en retraite, alors que les syndicats proposent de dégager des ressources supplémentaires, en taxant notamment les stock-options. Négociations houleuses à l’horizon.