Georges Tron, caution villepiniste du nouveau gouvernement

PORTRAIT Il rejoint le secrétariat d'Etat à la Fonction publique...

O.R. avec agence

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Le député de l'Essonne Georges Tron, en 2002.
Le député de l'Essonne Georges Tron, en 2002. — FRANCOIS GUILLOT/AFP

Spécialiste de la fonction publique, ex-balladurien devenu proche de Dominique de Villepin, Georges Tron, 53 ans, rejoint lundi les rangs du gouvernement.

Député de l’Essonne, ce tout jeune avocat -qui a prêté serment en juin dernier- s’est spécialisé sur les questions de finances publiques. Depuis 2003, il est notamment rapporteur du budget de la Fonction publique et, au sein de l’UMP, il occupe le poste de secrétaire national en charge de la fonction publique.

Pilier du conseil d'administration du Club Villepin

Depuis le départ d'André Santini du gouvernement en juin dernier, aucun ministre ne s'occupait à plein temps de la Fonction publique, une première depuis 1958, selon les syndicats, qui déploraient cette situation.

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Outre cet aspect, l'entrée au gouvernement de Georges Tron, 52 ans, apparaît également éminemment tactique de la part de Nicolas Sarkozy à trois jours d'une conférence de presse de son ennemi déclaré, Dominique de Villepin, qui prévoit d'annoncer jeudi la création d'un mouvement politique avec pour objectif d'élaborer «une alternative» en vue de 2012. George Tron était l'un des piliers du conseil d'administration du Club Villepin.

Il a suggéré dans un rapport le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux

Elu jeune député à 35 ans lors de la «vague bleue» de 1993, Georges Tron devient conseiller officieux de son mentor, Edouard Balladur, dont il avait été le chef de cabinet, à Matignon. Réélu à l'Assemblée en 1997, 2002 et 2007, il est depuis 1995 maire de Draveil.

Depuis cette ville, il avait lancé un débat lors des émeutes de novembre 2005 en annonçant la suspension «immédiate» dans sa commune des aides sociales municipales aux familles des fauteurs de troubles condamnés par la justice. En 2005, il est aussi le député qui a suggéré dans un rapport le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, que met en pratique aujourd'hui le gouvernement.

Au fil des années, il s'est rapproché de Villepin, ex-secrétaire général de Jacques Chirac à l'Elysée. Avec deux autres villepinistes, Hervé Mariton et Jean-Pierre Grand, il ne se rangera qu'en mars 2007 à la candidature de Nicolas Sarkozy, moins de deux mois avant le premier tour. Après la présidentielle de 2007, le nouveau ministre a compté parmi les fervents défenseurs de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream, émettant aussi des jugements généralement critiques sur la politique du gouvernement.