A Solférino, militants et responsables ont la victoire modeste

REPORTAGE Au siège du PS, on se félicite des bons scores de la gauche sans verser dans le triomphalisme…

Maud Noyon

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Des militants du Parti socialiste fêtent rue de Solférino les résultats pour les élections régionales, le 21 mars 2010
Des militants du Parti socialiste fêtent rue de Solférino les résultats pour les élections régionales, le 21 mars 2010 — AFP PHOTO/ OLIVIER LABAN-MATTEI

La joie mais pas le délire. Les militants et les responsables du Parti socialiste ont fêté dans une liesse toute mesurée, rue de Solférino, les très bons résultats de la gauche aux élections régionales. Car dimanche soir, chacun avait à l’esprit que la gauche, fraîchement réunie, ne doit pas s’endormir sur leurs lauriers.

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La soirée commence à peine quelques minutes avant 20 heures. Les militants, qui se pressent devant le siège du PS, peinent à entrer dans la cour transformée pour l’occasion où les journalistes se sentent un peu seuls. Le buffet est encore couvert de film plastique et les écrans diffusent des soirées électorales encore très peu animées. Finalement, les militants, dont beaucoup de jeunes, débarquent et saluent les quelques responsables descendus de leur bureau. Un sourire confiant mais pas vainqueur flotte sur toutes les lèvres.

«Maintenant c'est la bonne humeur dans les fédérations et à Solférino»

A l’annonce des résultats, à 20h, c’est enfin l’explosion de joie. Explosion renouvelée au rythme des résultats égrenés. «On est super contents, s’enthousiasme Morgane, militante MJS. C'est la première victoire depuis 2004. On ramait un peu jusque là. Maintenant c'est la bonne humeur dans les fédérations et à Solférino». «On retrouve un parti fort de ses ambitions, renchérit Cédric, jeune militant PS. On a réussi le travail mené depuis Reims et c'est un échec clair de la politique du gouvernement.»

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Les responsables aussi laissent éclater leur satisfaction. «Ce sont de très bons résultats et les écarts entre droite et gauche sont considérables», juge Jean-Louis Bianco, ancien bras droit de Ségolène Royal. «C’est un sérieux avertissement pour la droite et un succès pour les présidents de région», assure Gérard Collomb. Mais attention, «ce n’est pas un blanc seing pour le PS.Le capital confiance est là mais il faut le faire fructifier», tempère le maire de Lyon. En somme, «il faut qu'on soit capables de faire en sorte que l'alchimie tienne et qu'on ait un projet crédible.»

Pas de buffet pour Martine Aubry

Pour Christian Paul aussi, il ne faudrait pas se réjouir trop vite. Selon le député, ces élections montrent aussi que «Sarkozy n’est pas intouchable, n’est pas infaillible. Les électeurs ont fait confiance au PS qui a montré qu’il était sorti de ses querelles et qu’il était capable de faire un arc de la gauche. Mais la bataille continue et 2010 ce sera le temps de cimenter le PS autour d’un projet», rappelle le député.

Face à ce triomphe modeste, l’ambiance peine à décoller. Mais l’apparition de Martine Aubry redonne du peps à la soirée. Elle est accueillie sous les vivas des militants qui se pressent pour la voir de plus près. La sécurité écarte le maximum de monde mais la meute de journalistes ne lâche pas d’une semelle la secrétaire qui ne peut même pas s’approcher du buffet.

«Joyeux anniversaire» à Xavier Bertrand

Les militants, eux, se jettent sur les victuailles, en prévision de la soirée qui doit se prolonger dans un bar. On suit les résultats sur les télévisions et on se moque copieusement des interventions des responsables UMP. Les jeunes entonnent même un «joyeux anniversaire» pour un Xavier Bertrand qui fait grise mine sur TF1. Mais les militants tiquent aussi quand apparait Georges Frêche à l’écran. Marie-Laure, militante d’une quarantaine d’années, par ailleurs très heureuse, déplore d’ailleurs «la très mauvaise gestion» du cas du président de Languedoc-Roussillon, qui «reste un homme de gauche».

«Tous ensemble, tous ensemble, unité», entonne finalement la foule, surtout composé de jeunes. «On est aussi là pour tirer la sonnette d’alarme si les responsables s’égarent, explique Morgane, la jeune militante. On prône l’unité de la gauche. Et il faut que ça dure».