Cette fois, le score du FN n'a pas fondu entre les deux tours

REGIONALES Les résultats de l'extrême droite signent l'échec de la stratégie sécuritaire de l'UMP...

L. B.

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Marine Le Pen réalise plus de 20% dans le Nord-Pas-de-Calais au second tour des régionales, le 21 mars 2010
Marine Le Pen réalise plus de 20% dans le Nord-Pas-de-Calais au second tour des régionales, le 21 mars 2010 — REUTERS/P.ROSSIGNOL

Le FN avait choisi de se maintenir partout où il en avait la possibilité, mais les observateurs voyaient dans ses scores du premier tour le résultats de votes protestataires. Mais entre les deux tours, les résultats du parti d'extrême droite ont augmenté, et ses représentants ne manquent pas de le faire savoir. Avec un score national relatif d’environ 8,7%, selon les premières estimations, le parti d’extrême droite progresse cependant de 3 à 5 points sur certaines régions.

Habituellement, le score du FN stagne ou s’érode au second tour

En Rhône-Alpes, Bruno Gollnisch, vice-président du FN, conforte son score du premier tour, passant de 14 à 15% des suffrages. En Paca, Jean-Marie Le Pen augmente d’environ 3 points. De même, sa fille, Marine Le Pen, obtient 20%, contre 18,31% au premier tour dans le Nord-Pas-de-Calais.

«On peut parler d'une petite remontée, pas d'un grand retour», analysait pour 20minutes.fr Brice Teinturier (TNS Sofres) entre les deux tours. Mais pour Frédéric Dabi, président du département opinion publique de l’Ifop, la donne a changé depuis: «C’est une nouvelle percée du Front National (FN), explique-t-il à 20minutes.fr. Habituellement, quand le FN est présent au deuxième tour, soit son score stagne, soit il s’érode.
 
L’échec de la stratégie sécuritaire de l’UMP

C’est loin d’être le cas cette fois-ci. Ce résultat est donc selon le sondeur clairement un désaveu de la politique du gouvernement, mais aussi l’échec de la stratégie sécuritaire de l’UMP sur les deux tours. «Le couac du premier ministre, François Fillon, annonçant la mort d’un policier toujours vivant, n’a pas dû aider», conclut Frédéric Dabi.

De son côté, Eric Bonnet, directeur d’études BVA opinion, fait le même constat. «D’une part, l’électorat de droite a sanctionné la politique de Nicolas Sarkozy et, d’autre part, les frontistes, qui avaient voté pour lui, ont été déçus.» L’autre facteur de poids: l’abstention. Lors du premier tour, le politologue Stéphane Rozès expliquait à 20minutes.fr que l’électorat frontiste se mobilise toujours aux élections. Les chiffres sont donc à prendre avec précaution, d’autant plus que le FN a baissé par rapport aux régionales de 2004.