En Ile-de-France, le PS est à la fête et l'UMP fait la tête

REPORTAGE Valérie Pécresse a appelé Jean-Paul Huchon pour le féliciter...

Alexandre Sulzer et Hélène Colau

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Valérie Pécresse, qui n'a pas réussi à arracher l'Ile-de-France à Jean-Paul Huchon lors du second tour des régionales, le 21 mars 2010
Valérie Pécresse, qui n'a pas réussi à arracher l'Ile-de-France à Jean-Paul Huchon lors du second tour des régionales, le 21 mars 2010 — AFP/J.DEMARTHON

Sûres de l’emporter, les listes de gauche ont choisi un bar américain de la rue de Montmartre (2e) pour faire la fête. Jusqu’à 21 h, seuls les journalistes, candidats et autres VIP ont le droit d’entrer pour sauter sur les tortillas, sticks de mozzarella et autres oignions rings bien gras. Le bar – 700 personnes maxi – est très vite rempli par des membres PS et Europe Ecologie (EE), plus amis que jamais.

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Les premiers chiffres tombent : Jean-Paul Huchon gagne la région, haut la main. C’est lui qui arrive à 19 h 54 sous un tonnerre d’applaudissements.

Pécresse félicite Huchon

Comme la semaine précédente, le président de région va immédiatement s’isoler pour peaufiner son discours. Julien Bayou, jeune candidat d’EE et membre du collectif Jeudi noir, est un peu déçu: «J’ai invité plein de potes mais on ne peut en choisir qu’un… Je voulais marquer le coup car cette soirée est un tremplin pour 2012. Bon ben, je finirai la soirée chez Dédé la frite (un bar branché du quartier).»

A 20 h 20, Jean-Paul Huchon reçoit un coup de fil de Valérie Pécresse qui le félicite.  «Elle s’est humanisée», ironise-t-il, en raccrochant. Une demi-heure plus tard, il prend la parole devant un parterre qui scande «A gauche, l’Ile-de-France». Saluant une «victoire sans appel», il promet d’être le «président de tous les Franciliens». Et avec des accents altermondialistes: «une autre politique est possible». Le champagne coule à flots, la soirée peut enfin commencer.

«Avec 49 % d’abstention, on ne peut pas dire que ce soit une vraie victoire de la gauche»

Pendant ce temps-là, au QG de Valérie Pécresse, dans le 15e, on n’est pas vraiment à la fête. Les quelques militants qui se sont réunis ont beau se dire confiants – «Je vois l’avenir, ce sera une victoire à l’arrachée», prédit Françoise -, ce sont des visages tendus qui se tournent vers l’écran où s’affichent les premiers résultats, à 20 h. Un seul militant tape dans ses mains, enthousiaste. Personne ne le suit. Le verdict tombe : Jean-Paul Huchon est réélu.

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«Les Français n’ont encore rien compris», soupire un sympathisant. «Avec 49 % d’abstention, on ne peut pas dire que ce soit une vraie victoire de la gauche», tempère Nathalie. Vers 21 h, Valérie Pécresse fait une apparition. «Cette campagne a été enrichissante, assure-t-elle. Ma détermination à œuvrer pour les Franciliens reste intacte, nous continuerons à soutenir le projet visionnaire du Grand Paris. Et dès demain, nous allons préparer l’alternance à la tête de la région. Je vous donne rendez-vous en 2014, vous pouvez compter sur moi», a-t-elle lancé. Avant de se retirer, les yeux un peu rougis.