Comment l'UMP peut-elle rebondir d'ici 2012?

POLITIQUE Prochain scrutin, la présidentielle: il va falloir redresser la barre...

Oriane Raffin

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Le premier ministre François Fillon, au soir du 2nd tour des régionales, le 21 mars 2010
Le premier ministre François Fillon, au soir du 2nd tour des régionales, le 21 mars 2010 — REUTERS/P.WOJAZER

«Les grandes manœuvres vont commencer très vite», pronostique Frédéric Dabi, directeur opinion Ifop. 2012 et l’élection présidentielle sont déjà dans la ligne de mire de tous les partis. A gauche comme à droite, il va falloir trouver sa stratégie, et surtout, éviter les divisions.

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Réveil gueule de bois pour l’UMP. Le choc des résultats des régionales passé, qui voit le parti présidentiel perdre la Corse et ne gagner aucune région socialiste, l’UMP va devoir se redresser et penser déjà à la présidentielle de 2012. Si, pour Frédéric Dabi, «Nicolas Sarkozy devrait se représenter, sinon, ce serait du jamais vu dans la Veme République», des voix laissent entendre que ce n’est pas encore certain... Quoiqu’il en soit, l’UMP va devoir affûter sa stratégie.

Echec de l’union dès le premier tour

Parmi les questions qui se posent, notamment celle de la stratégie à adopter au premier tour. «L’union de la droite dès le premier tour a entraîné l’abstention ou le report des voix vers le FN pour ceux qui voulaient sanctionner le gouvernement», note Eric Bonnet, directeur d’études BVA Opinion. Sans compter l’absence de réservoir de voix pour le second tour.

Néanmoins, pour la présidentielle, «on peut imaginer que le Nouveau centre présente un candidat», estime le sondeur. Et n’oublions pas que l’échec de Nicolas Sarkozy «risque de donner des ailes à Dominique de Villepin», ajoute Eric Bonnet.

Ce dernier devrait d’ailleurs annoncer jeudi la création d’un «mouvement au service des Français», selon plusieurs de ses proches. En Chine depuis une dizaine jours, Dominique de Villepin devrait rentrer en France en début de semaine. Il a prévu de tenir une conférence de presse jeudi pour exposer sa «vision de l'avenir».

Divisions à droite

Nicolas Sarkozy, qui jusqu’alors incarnait l’unité à droite, risque de se voir critiqué de toutes parts. Seconde voix à s’élever à droite, celle de Nicolas Dupont-Aignan. Le président de Debout la République estime en effet que «La droite républicaine n’a plus le choix: il lui faut renouveler ses hommes, ses structures, ses méthodes et ses idées, sous peine d’être durablement marginalisée dans le paysage politique français». Il ajoute: «la question de savoir si le président de la République peut encore conduire sa famille politique à la victoire en 2012 ne se pose même plus».

Jean-François Copé, qui n'a jamais caché ses prétentions élyséennes, a lui aussi lancé les hostilités. Dès dimanche soir, le patron des députés UMP a appelé à «la construction d'un nouveau pacte majoritaire avec les Français» et un retour «aux fondamentaux». Christine Boutin elle aussi n’exclut désormais plus une candidature en 2012.

Autre difficulté qui pourrait affaiblir l’UMP: l’influence du Front national. «Les électeurs frontistes qui avaient voté Sarkozy en 2007, déçus par la politique du Président, risquent de se retourner vers le Front national». Un peu comme pour les régionales.