Marc-Philippe Daubresse: «Ce n'est pas le grand chelem annoncé par Martine Aubry»

INTERVIEW Pour le secrétaire général adjoint de l'UMP, il ne s'agit pas d'un vote-sanction et il faut poursuivre les réformes...

Propos recueillis par Vincent Vantighem

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Marc-Philippe Daubresse, délégué général de l'UMP, a plaidé jeudi pour un "plafonnement global" des niches fiscales pour aider à financer le Revenu de Solidarité Active (RSA), à l'ouverture d'une "convention sociale" de l'UMP, dont il est l'organisateur.
Marc-Philippe Daubresse, délégué général de l'UMP, a plaidé jeudi pour un "plafonnement global" des niches fiscales pour aider à financer le Revenu de Solidarité Active (RSA), à l'ouverture d'une "convention sociale" de l'UMP, dont il est l'organisateur. — Pierre Andrieu AFP/Archives
Comment réagissez-vous à ces résultats sévères pour l'UMP?

L'Alsace va continuer à être gérée par la majorité présidentielle, nous avons pris l'île de la Réunion, ce n'est pas le grand chelem annoncé par Martine Aubry. Ce n'est pas la victoire écrasante annoncée avec légèreté et arrogance. C'est vrai que la gauche a gagné ces élections, il faut le reconnaître. Mais la majorité résiste bien dans un certain nombre d'endroits, notamment là où elle est au pouvoir depuis longtemps, comme en Alsace.

La majorité avait pourtant tenté de remobiliser son électorat entre les deux tours...
Dans un certain nombre d'endroit, la mobilisation nous a été favorable, dans un certain nombre d'autres, elle a été bénéfique à la gauche. Nous n'avons sans doute pas réussi à expliquer que des régions contre-pouvoirs étaient la meilleure manière de moins bien résister à la crise.

Quels enseignements allez-vous tirer de ce scrutin?
Ce qui est clair c'est que nous devons revoir un certain nombre de choses aujourd'hui, tenir compte du message des électeurs. Pour autant, ce n'est pas pour moi un vote-sanction, ni un vote qui justifie d'arrêter les réformes. Il faut à l'évidence les approfondir. Peut-être devons-nous en limiter le rythme et leur donner plus de lisibilité, mais il faut rester fidèle à ce que nous avons toujours dit à notre électorat.

Le changement passe-t-il par un remaniement?
Le remaniement, ce n'est qu'un moyen. Mais la question majeure c'est, au milieu du quinquennat, quelle est l'inflexion qu'on peut donner à la politique française et qu'est-ce qui va se passer dans les différentes régions de France? L'emploi est une grande priorité pour les Français, et comme il y a encore beaucoup d'incertitudes sur ce front, je pense qu'il faut renforcer les politiques qui vont nous permettre d'éviter le maximum de chômage.