Aux régionales, le FN fait «une petite remontée, pas un grand retour»

DECRYPTAGE Quels enseignements peut-on tirer du score du Font national au premier tour du scrutin?...

Julien Ménielle et Maud Noyon

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  — AFP

Le FN a déjoué sondages et pronostics en se maintenant au second tour dans la moitié des régions métropolitaines et talonnant de près Europe Ecologie avec un score national approchant les 12%. Un chiffre qui peut surprendre, mais qui n'a rien du retour de flamme annoncé.

«Toujours 4 à 5 point de plus aux régionales qu'aux européennes»

Pour Pascal Perrineau, du Cevipof, il ne faut pas oublier que le FN a baissé par rapport aux régionales de 2004 lors desquelles le parti s’était maintenu dans 17 régions sur 22, contre 12 cette fois. «On observe une bonne résistance par rapport aux sondages mais une baisse par rapport à 2004, sauf dans le Nord-Pas de Calais», a expliqué à 20minutes.fr Pascal Perrineau, politologue au Cevipof.

De plus, «le FN fait toujours 4 à 5 point de plus aux régionales qu'aux européennes», tempère Brice Tenturier (TNS Sofres), contacté par 20minutes.fr. Or lors du scrutin de 2009, le parti d'extrême droite avait recueilli 6,34% des suffrages. «On peut parler d'une petite remontée, pas d'un grand retour», analyse donc Brice Teinturier.

Vote protestataire

Une petite remontée qui s'explique par plusieurs facteurs distincts. «La petite amélioration du côté du FN coïncide avec le score historiquement bas de la droite parlementaire», rappelle Brice Teinturier. Selon lui, l'électorat de droite a ainsi marqué son désaccord avec le gouvernement. Par ailleurs, «Marine Le Pen a su réactiver le vote populaire protestataire», fond de commerce historique du parti frontiste.

Mais l'abstention aussi a joué un rôle, puisque contrairement à l’ensemble des Français, «l’électorat frontiste se mobilise toujours aux élections», a détaillé pour 20minutes.fr Stéphane Rozès. Le politologue estime cependant que pour les élections suivantes, «les compteurs seront remis à zéro».