Régionales 2010: de quelle couleur sera la France dans une semaine?

POLITIQUE Vague rose, bleue, verte?...

Oriane Raffin

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Des personnes participent au dépouillement des votes, le 14 mars 2010 à Jumeaux, lors du premier tour des élections régionales.
Des personnes participent au dépouillement des votes, le 14 mars 2010 à Jumeaux, lors du premier tour des élections régionales. — AFP PHOTO / THIERRY ZOCCOLAN

Après un premier tour qui voit la gauche arriver en tête, le FN se maintenir dans 12 régions sur 22 et une abstention record, le point sur ce qu’on peut attendre la semaine prochaine, pour le second tour des régionales...

«La règle sous la Vème République, à de très rares exceptions près, c’est que le second tour confirme voire amplifie le premier», analyse Frédéric Dabi, directeur du Département Opinion et Stratégie d'entreprises à l'Ifop. «L’UMP a beau jeu de dire que le second tour est une seconde élection, et qu’elle a toutes ses chances: elle se fait quand même sur la base d’un rapport de forces.»

Une idée confirmée par Pascal Perrineau, directeur du Cevipof, qui estime que «la confirmation de la victoire de la gauche se profile». Seule région où le doute peut encore subsister, l’Alsace.

«Pour la droite parlementaire, le score le plus bas de la Vème République»

A noter, selon Frédéric Dabi, que «pour la droite parlementaire, c’est le score le plus bas de la Vème République. Même en juin 1981, la droite avait fait mieux». Conséquence: il souligne un échec de la stratégie de l’UMP.

«Le parti mise sur une union au premier tour, pour imposer un choc psychologique et susciter une dynamique électorale», explique Frédéric Dabi. Sauf que là, ça n’a pas marché. Et le réservoir de vote du parti reste donc très faible.

Encore deux inconnues

Pour Pascal Perrineau il reste encore deux inconnues. «D’une part la qualité des tractations entre le PS, Europe écologie et les forces de gauche. On ne sait pas dans quelle mesure cela va bien se passer.» Ces tractations pourront influencer les électeurs. «Ils seront attentifs, notamment sur la qualité des axes programmatifs», prédit le chercheur, «d’autant qu’Europe écologie et le PS n’ont pas toujours les mêmes positions».

Les voix d’Europe écologie au premier tour ne se reporteront d’ailleurs pas toutes sur le PS. Selon plusieurs sondages de l’Ifop, 78% des électeurs du parti écologiste devrait voter rose au second tour, avec des disparités selon les régions. «Il ne faut pas oublier qu’en Alsace, c’est le berceau du Waechterisme», précise Frédéric Dabi, «une partie des électeurs d’Europe écologie dans cette région ne se retrouve donc pas dans le PS».

Deuxième inconnue: l’abstention. Si Frédéric Dabi insiste sur une abstention «plus forte à droite qu’à gauche, notamment dans des professions traditionnellement de droite, comme les agriculteurs, les médecins ou les pharmaciens», il est encore difficile de savoir si les partis sauront mobiliser leurs abstentionnistes. «On ne peut pas s’attendre à un bouleversement, mais il peut y avoir des rectificatifs», estime Pascal Perrineau. Réponse dimanche prochain.