Régionales: pourquoi les Français n'ont pas voté

ABSTENTION Le point sur les raisons d'une participation historiquement faible...

J. M.

— 

Un bureau de vote alsacien, après le premier tour des régionales, le 14 mars 2010
Un bureau de vote alsacien, après le premier tour des régionales, le 14 mars 2010 — REUTERS/V.KESSLER

Moins d'un Français sur deux s'est déplacé dimanche. Selon les chiffres définitifs, l'abstention a atteint 53,65% au premier tour des régionales, soit 14 points de plus qu'en 2004. Petit tour d'horizon des raisons qui ont découragé les électeurs de se rendre aux urnes.

Des enjeux peu mobilisateurs
Voter, mais pour quoi faire? «Les Français ont encore une connaissance limitée des compétences des régions», a indiqué à 20minutes.fr le directeur du département opinion publique de l'Ifop Frédéric Dabi. De plus, les abstentionnistes ont considéré dans 29% des cas que voter ne changerait pas leur vie quotidienne, selon un sondage CSA/Le Parisien/Europe 1 de ce lundi.

Une campagne décourageante
Le débat d'idées a cédé sa place aux coups bas. Les affaires Frêche ou Soumaré, pour n'en citer que deux, ont renforcé la perte de confiance des Français envers les politiques. «Ce fumet nauséabond n'incite pas à participer à ce jeu et donc pousse à s'abstenir», affirme ce lundi dans Le Parisien le politologue Roland Cayrol à propos de la campagne. Dès le début du mois de mars, pourtant, Brice Teinturier (Sofres) avait mis en garde contre «l'absence d'enjeu fort et clair dans cette élection qui a pour conséquence de tirer le débat vers le bas et de le ramener à des questions de personnes».

Une sanction de la politique gouvernementale
L'électorat, et notamment celui de droite, a voulu adresser un message au chef de l'Etat. «La façon de Nicolas Sarkozy de conduire l'action politique ne correspond pas à l'idée que s'en fait son électorat», a estimé Jean-Daniel Lévy (CSA). «Les électeurs de droite qui voulaient sanctionner l'UMP n'avaient plus comme choix que de s'abstenir ou de voter FN», a expliqué à 20minutes.fr Eric Bonnet, directeur d'études BVA opinion. Selon le sondage CSA/Le Parisien/Europe 1, même parmi les votants, ils sont 32% à avoir souhaité exprimer leur insatisfaction vis-à-vis du gouvernement et du chef de l'Etat. Au final, aucun des huit ministres engagés ne semble en position pour l'emporter.

Et vous, racontez-nous pourquoi vous ne vous êtes pas déplacé dimanche dans les commentaires ci-dessous