«Vote sanction», «claque» et «désaveu»: la presse souligne unanimement la défaite de l'UMP

REVUE DE PRESSE Précisant néanmoins que les abstentionnistes sont «le premier parti de France»...

O.R. avec agence

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«Vote sanction», «claque», «désaveu»: les commentaires de la presse française ne sont pas tendres avec le président Nicolas Sarkozy au lendemain du premier tour des élections régionales.

«Quelle débandade!», s’exclame Laurent Joffrin, de Libération, «la droite française vient de réaliser une des pires performances de son histoire». Il appelle à l’union à gauche, «un espoir national». Même verdict pour l’Humanité, qui parle de «désaveu» et de «sanction» pour Nicolas Sarkozy.

Dans Le Figaro, Etienne Mougeotte, évidemment moins critique, concède «un revers pour l'UMP, une satisfaction pour le PS et un espoir pour les Verts», jugeant néanmoins que l'abstention élevée (53,65%) montre que «les Français, éprouvés par la plus grave crise économique depuis 80 ans, n'ont pas massivement cautionné le référendum anti-Sarkozy souhaité par la gauche».

 

«Une élection de rejet, pas de projet»

Et c’est bien là la seconde réflexion dans la presse: l’inquiétude quant à un taux d’abstention qui dépasse les 50%. Dans La Croix, François Ernenwein déplore que les abstentionnistes soient «le plus grand parti de France».

Dans tous les cas, l'abstention «traduit une défiance profonde à l'égard du pouvoir politique, quelle que soit sa couleur (...). Ce fut une élection de rejet, pas de projet», constatent Les Echos.

Et ce rejet a permis «un retour tonitruant du Front national», se désole La Tribune, qui met en garde le PS contre tout triomphalisme, car le résultat électoral est «aussi un désaveu» pour les socialistes.

 

«Nicolas Sarkozy n'est plus forcément le meilleur candidat de la droite en 2012»

Les Dernières Nouvelles d'Alsace appellent «les dirigeants de l'UMP» à «un examen de conscience auquel, hier soir, ils se sont obstinément refusés», et les exhorte à «une humilité opiniâtre», «une sorte d'anti-blingbling».

Daniel Ruiz, dans La Montagne, extrapole même: «en l'état actuel des résultats, et vu la cote de son Premier ministre, Nicolas Sarkozy n'est plus forcément le meilleur candidat de la droite en 2012».

Au final, «l'UMP ne se fait pas d'illusions pour dimanche» prochain, estime Michel Urvoy dans Ouest-France, «faute de réserves» de voix, dévorées par l'abstention et le retour du FN. Ce qui fait dire à Bruno Bécard, dans la Nouvelle République, que «Nicolas Sarkozy aurait été mieux inspiré d'insister sur le pouvoir d'achat et l'emploi plutôt que sur l'identité nationale».