Régionales: Europe Ecologie, entre optimisme béat et prudence contrôlée

REPORTAGE Les écologistes ont plutôt passé une bonne soirée dimanche, mais les résultats ont donné des avis partagés…

Corentin Chauvel

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Cecile Duflot, arrivée 3e avec la liste Europe Ecologie à Paris, au premier tour des régionales, le 14 mars 2010
Cecile Duflot, arrivée 3e avec la liste Europe Ecologie à Paris, au premier tour des régionales, le 14 mars 2010 — REUTERS/B.TESSIER

C'est au Divan du Monde, à Paris, qu'Europe Ecologie avait convié dimanche ses militants à célébrer l'issue du premier tour des élections régionales en Ile-de-France. Célébrer parce que tout porte à croire que la percée du parti écologiste aux européennes n’était pas qu’«un feu de paille».

 

Chez les quelques militants qui commencent à arriver vers 19h30, les pronostics vont bon train: «On va retrouver notre score des européennes, c'est plutôt bon». On s'imagine même déjà en haut de l'affiche dans la région: «On est les seuls à pouvoir battre le gros Huchon, même les militants UMP le disent».

 

Des négociations avec le PS, «le couteau entre les dents»

 

Un groupe joue de la musique festive et quelques têtes d'affiche sont déjà là. Noël Mamère donne ses premières impressions, notamment sur l'abstention: «Les grands partis doivent s'interroger sur les raisons de cette abstention. Nous, nous voulons construire avec la gauche et nous projeter ensemble vers 2012.»

 

Augustin Legrand, candidat à Paris, se faufile discrètement dans la foule qui se renforce à l'approche de 20h. «On a fait une bonne campagne, mais on ressent une grosse frustration sur la manière dont les médias l'ont couverte, ne parlant que des petites affaires», indique le «Don Quichotte» à 20minutes.fr.«Maintenant, sur le terrain, les gens sentent bien qu'on est crédible et pour le second tour, on va aller aux négociations avec le PS le couteau entre les dents».

 

Une vraie place dans le paysage politique français

 

A 20h, le Divan du Monde est plein à craquer. Des écrans retransmettent les émissions spéciale élections, le public retient son souffle. Les premiers résultats donnés par les chaînes de télévision confortent les pronostics qui circulaient depuis une heure. Tonnerre d’applaudissements et hourras lorsque Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit apparaissent sur les écrans.

 

«J’espérais mieux, mais c’est pas mal», commente Evelyne, une militante malgré tout enthousiaste, sur le résultat de son parti. «Au moins, on tire notre épingle du jeu, on fait vraiment partie du paysage politique français et on espère que le PS cessera de nous utiliser de manière opportuniste.»

 

«Je trouve que vous n’avez pas vraiment la pêche»

 

«C’est un score intéressant, d’enracinement», indique pour sa part, Laurent, sympathisant Verts depuis une dizaine d’années. «L’essentiel ce soir, c’est de voir la tête que fait Xavier Bertrand. A l’UMP, ils sont tous seuls maintenant alors qu’à gauche, on se connaît et on se respecte.»

 

Une fois les résultats connus, l’ambiance reste étrangement sage, c’est même un soupçon de déception qui semble régner sur la salle. Sur scène, Pascal Durand, délégué national, l’a bien compris et tente d’animer le public comme il peut: «Je trouve que vous n’avez pas vraiment la pêche, je veux qu’il y ait du bruit!»

 

Cécile Duflot, «révélation de cette campagne»

 

Peine perdue, mais vers 21h, Cécile Duflot et ses têtes de liste en Ile-de-France arrivent enfin au Divan du Monde, accueillies sous les ovations d’un public qui n’a d’yeux que pour sa chef de file, «révélation de cette campagne» selon Jean-Vincent Placé, tête de liste dans l’Essonne.

 

Après un petit discours victorieux, conclu par un «au boulot» de rigueur, Cécile Duflot termine la soirée aux mains d’une horde de journalistes, laissant ses partisans, mi-figues mi-raisins, débattre de la réalité du résultat de leur parti face à la forte abstention et à celui du Front national.