Régionales: ces ministres que Nicolas Sarkozy envoie au casse-pipe

POLITIQUE Huit membres du gouvernement briguent les présidences de région...

Maud Noyon

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Nicolas Sarkozy avec Valérie Pécresse et Xavier Darcos, le 2 juin 2008 au Palais de l'Elysée à Paris.
Nicolas Sarkozy avec Valérie Pécresse et Xavier Darcos, le 2 juin 2008 au Palais de l'Elysée à Paris. — REUTERS

«Rester en contact», «être plus proche des citoyens». Quand les ministres partent en campagne, leurs motivations se ressemblent toujours. Attentifs à ne pas se laisser enfermer dans les palais de la république, ils veulent se frotter à cette «vraie vie» qui leur manque tant. Mais quand il s’agit des élections régionales de 2010, ils risquent surtout de se heurter à une grosse défaite électorale.

Avec 20 des 22 régions métropolitaines dans son escarcelle depuis 2004, le PS part en situation de force. D’autant que le parti incarne le vote-sanction face à un gouvernement critiqué. Mais alors pourquoi l’Elysée, qui mise d’ailleurs sur une campagne aux couleurs «locales», a-t-il envoyé huit ministres-têtes de liste au casse-pipe?

«Les ministres sont des personnalités relativement connues au niveau national et cela reste important», a expliqué à 20minutes.fr le politologue Gérard Grunberg. «Les sièges de président sont quasiment tous occupés par des socialistes. La droite manque de figure locale, d’autant que les socialistes ont fait des choses, ont un bilan à défendre.»

Une perte d’assise locale

Mais la stratégie n’apporte pas vraiment de plus-value aux listes. «L’effondrement de l’UDF a causé une perte de l’assise locale de la droite. Et la crédibilité d’un parti, grâce à des élus locaux, est évidemment prise en compte par les électeurs», analyse Gérard Grunberg, qui souligne cependant que tous les ministres-tête de liste ne sont pas à mettre dans le même panier.

En effet, certains ministres étaient prêts à se battre pour ses élections, comme Valérie Pécresse qui s’était engagée en amont avec la bataille des primaires ou comme ceux qui, malgré un lourd passif d’échecs électoraux, défendent un ancrage local, tel Xavier Darcos. D’autres ont en revanche renâclé à se lancer dans une campagne perdue d’avance, comme Dominique Bussereau face à une Ségolène Royal quasi-indétrônable en Poitou-Charentes.

Règle intangible de non-cumul

Mais, dans cette quête d’une nouvelle élite locale, le pouvoir n’a pas non plus voulu se tirer une balle dans le pied. Parmi les candidats têtes de liste, on compte surtout des ministres de deuxième rang. Ceux aux commandes de grand ministère, comme à Brice Hortefeux à l’Intérieur ou Roselyne Bachelot à la Santé, se sont retirés de la course quand ils ont compris que l’Elysée ne céderait pas sur l’interdiction de cumuler un ministère et une présidence de région. Enfin, «ils avaient d’autres priorités», comme a expliqué à 20minutes.fr Franck Riester, directeur de la campagne à l’UMP.

Reste que la moitié du gouvernement est candidate aux régionales. Et qu’une grande majorité devrait décrocher un poste de conseiller, même si aucun n’accède au fauteuil de président de région. Comme lors des municipales, il semble que Nicolas Sarkozy souhaite toujours avoir beaucoup de ministres-candidats, lui permettant ainsi de mesurer sa côte de popularité à l’aune d’une sorte de sondage géant. Une stratégie qui, a mi-mandat, a peu de chances d’être payante. Comme lors de la vague rose de 2004, où les ministres de l’époque avaient tous mordu la poussière.