Et tu danses, danses, danses... avec ton candidat

REGIONALES A Chaque candidat, son morceau pour entrer sur scène...

Manon Gimel et Anne Kerloc'h

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Christian Picquet , Jean-Luc Melenchon, Marie-Georges Buffet et Jean-Marc Coppola lors du meeting du Front de Gauche à Marseille, le 3 mars 2010.
Christian Picquet , Jean-Luc Melenchon, Marie-Georges Buffet et Jean-Marc Coppola lors du meeting du Front de Gauche à Marseille, le 3 mars 2010. — SIPA

Entendez-vous dans nos campagnes, rugir les riffs de guitare? Il n'y a pas que la Marseillaise (ou, variante rougeoyante, au fin fond de la gauche: L'Internationale) pour faire pulser son meeting. Forme autorisée de dopant, la musique d'entrée du candidat est celle qui doit le faire sortir des coulisses et s'emparer du pupitre avec la niaque d'un Rocky Balboa tombant le peignoir pour aller faire cracher les dents du Russe sur le ring.

En guise d'oeil du tigre, Thierry Mariani, tête de liste UMP en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, s'élance sur I Gotta Feeling des Black Eyed Peas. «C'est actuel, tendance et ça lui donne la pêche», confie un membre de son équipe. Le Pen, qui, à 81 ans, mène la liste FN dans la région fera son apparition sur une musique composée à son attention par Luc Vanier, L'Odyssée de l'homme libre. Toujours en Paca, le président de région, le socialiste Michel Vauzelle déboule sur Viva la Vida de Coldplay, «une chanson qui raconte l'histoire d'un roi déchu. C'est un clin d'oeil à Sarkozy, raconte Christophe Pierrel, qui s'occupe de la campagne Internet du candidat. La musique c'est super important, ça chauffe l'ambiance. Et vous devriez voir Michel danser...». En fin de meeting, pour Vauzelle, c'est Marseillaise, puis Bella Ciao, chant révolutionnaire italien.

N’oubliez pas le droit d’auteur

Eric Coquerel, du Front de gauche à Paris, lui, «n'a pas de protocole musical. On n'en a pas besoin. Mais L'Internationale retentit spontanément en fin de meeting et c'est la salle qui chante». Cécile Duflot, tête de liste Europe Ecologie en Ile-de-France, fait son entrée sur les BB Brunes et passe aussi Wouldn't It Be Nice des Beach Boys, morceau mûri au soleil de Californie, d'un optimisme à gratter les nuages. Alain Dolium, du MoDem d'Ile-de-France, ne compte pas faire de meeting musical, mais son clip portera la marque du compositeur Carlos Duarte, à défaut d'avoir eu les droits du thème du film Shaft. Car oui, l'élan militant n'exonère pas du droit d'auteur. L'UMP en a fait la coûteuse expérience pour avoir utilisé sans autorisation un morceau de MGMT en meeting. Une bourde qu'a évitée Valérie Pécresse. La ministre, tête de liste UMP en Ile-de-France, a choisi A Simple Love de Symheris, une des stars françaises de la musique... libre de droits.

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