Identité nationale: le «débat malsain» enterré «en petite pompe»

REACTIONS Après le séminaire gouvernemental sur l'identité nationale, et les mesures annoncées ce lundi après-midi par le Premier ministre, François Fillon, les critiques pleuvent...

B.D. avec agence

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François Fillon a réuni ses ministres pour un séminaire gouvernemental sur l'identité nationale, le 8 février 2010, à Matignon.
François Fillon a réuni ses ministres pour un séminaire gouvernemental sur l'identité nationale, le 8 février 2010, à Matignon. — JOEL SAGET/AFP PHOTO

Le débat sur l'identité nationale s'est terminé cet après-midi, avec l'annonce de 14 propositions,  dévoilées ce lundi par François Fillon, à l'issue d'un séminaire gouvernemental. A gauche, les critiques fusent.

SOS Racisme rappelle dans un communiqué «que le racisme n'est pas une opinion mais un délit» et indique qu'elle a «fait citer devant le tribunal» André Valentin, le maire de Gussainville qui avait déclaré au cours des débats sur l’identité nationale: «Il est temps qu'on réagisse parce qu'on va se faire bouffer. Y'en a dix millions qu'on paye à rien foutre.»

Pour le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, le séminaire gouvernemental est «une manière élégante» d’enterrer un «débat malsain». «La plupart des mesures annoncées relèvent du minimum républicain et ne mangent pas de pain», ajoute-t-il.

«Enterrement en petite pompe»


L'ex-premier secrétaire du PS, François Hollande a estimé sur son blog que le Premier ministre François Fillon a procédé à un «enterrement en petite pompe» du débat sur l'identité nationale. «Avant les élections régionales, il fallait sans doute pour le président de la République, en toute hâte, clore ce mauvais chapitre», écrit-il encore.

Le député PS du Pas-de-Calais, Jack Lang, a jugé sur RTL que «Finalement la montagne a accouché d'une souris». Faouzi Lamdaoui, membre du Conseil national du PS, a encore tiré sur l’ambulance, indiquant que «l’approche retenue par le gouvernement» portait «en réalité en germe la destruction de l’identité républicaine».

«Comédie sinistre»


Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche s’est réjoui sur France-Info de la fin d’une «comédie sinistre» pour laquelle «de nombreux Français» ont du «ressentir un grand dégoût»

À droite, Nicolas Dupont-Aignan a fustigé les «mesurettes» annoncées par le Premier ministre, et critiqué le gouvernement, qui a «mal posé le débat dès le départ, parlant, à des fins électoralistes, d’identité nationale plutôt que d’unité nationale» pour éviter de «mettre en relief les insuffisances, voire les contradictions, de la politique gouvernementale».