Avant les régionales, Nicolas Sarkozy se rend en Corse

POLITIQUE Il y a fait une série de déclarations...

Avec agence

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Nicolas Sarkozy en visite en Corse, mardi 2 février 2010.
Nicolas Sarkozy en visite en Corse, mardi 2 février 2010. — Philippe Wojazer / Reuters
A six semaines des élections régionales, le président Nicolas Sarkozy s'est rendu en Corse, pour une série de promesses.

«Indépendance énergétique» et développement durable

A Ajaccio, le chef de l'Etat a annoncé que la France allait négocier le raccordement de l'île au futur gazoduc Algérie-Sardaigne-Italie (Galsi). Selon lui, ce projet, qu'il souhaiterait voir finalisé en 2015, devrait permettre aux Corses d'obtenir leur «indépendance énergétique». Les deux principales centrales thermiques, à Ajaccio et Bastia, sont actuellement approvisionnées en fioul lourd par bateau. Leur raccordement au futur gazoduc, beaucoup moins polluant, répondrait aux attentes des Corses et des défenseurs de l'environnement, très actifs dans l'île. Le président Sarkozy a précisé qu'il s'agissait là «d'un investissement massif de 425 millions d'euros». Il a précisé que la centrale thermique d'Ajaccio serait reconstruite sur un nouveau site.

Autres annonces : la révision du Programme exceptionnel d'investissement (PEI) de 2002, avec l'attribution de 168 millions d'euros supplémentaires pour financer des opérations de développement durable. «Ils s'ajouteront aux 868 millions déjà programmés» depuis huit ans, a précisé le chef de l'Etat.

Lutte contre la mafia

Nicolas Sarkozy a affirmé également que les «dérives» mafieuses en Corse seraient «combattues sans merci». «Nous ne laisserons jamais la Corse et ses habitants devenir la proie du banditisme et des mafias. Jamais, jamais, jamais. Que ce message soit bien entendu. Que chacun en soit bien conscient: ces dérives seront combattues sans merci», a-t-il affirmé.

Il avait auparavant souligné la baisse sensible des attentats, «divisés par six entre 2002 et 2009», tout en déplorant «la recrudescence du nombre d'homicides depuis 2008».

Pas de nouvelle filière d'immigration

Le président a assuré qu'il ne laisserait pas se développer des nouvelles filières d'immigration clandestine en France, et que les «mafieux» qui les organisent seraient «punis».
«Je ne laisserai pas une nouvelle filière d'immigration se développer en France», a affirmé Nicolas Sarkozy, qui venait d'évoquer «la malheureuse affaire» des Kurdes de Syrie, débarqués clandestinement sur une plage de Bonifaccio le 22 janvier.
«Vous imaginez le cynisme, la malhonnêteté, le mépris humain qu'il faut pour amener 124 étrangers du bout du monde, les débarquer sur une plage, avec des enfants, des femmes enceintes. Ceux qui ont fait ça seront retrouvés, seront punis», a-t-il affirmé.

Attachement pour 2010, 2011 et plus si affinités

Nicolas Sarkozy a assuré les Corses de son «attachement» et de son «engagement, pas simplement pour 2010, aussi pour 2011, et plus si affinités». «L'image que je souhaiterais donner à la collectivité nationale de la Corse», c'est celle d'«un territoire apaisé, un territoire généreux, confiant», avec de la «compétence», a affirmé le chef de l'Etat.
«On a envie d'y croire», a-t-il ajouté, devant plusieurs centaines de personnes réunies dans le palais des Congrès d'Ajaccio. «C'est tellement bon de vivre dans cette île extraordinaire. Il n'y a pas un endroit au monde qui ressemble à cette île, à son paysage et à ceux qui y habitent, si particuliers et si attachants. Maintenant il faut y croire. On a donné tous les éléments pour qu'il y ait la confiance entre l'Etat et la Corse. Maintenant allez-y», a-t-il lancé à l'auditoire, qui l'a chaleureusement applaudi.

«C'est ce que je vous demande, en vous disant du fond du coeur mon attachement et mon engagement, pas simplement pour l'année 2010, aussi pour 2011 et plus si affinités», a-t-il conclu.