Le PS décide ce mardi après-midi du cas Frêche

POLITIQUE Le bureau national doit aussi investir une liste menée par la maire de Montpellier pour les régionales de mars prochain...

B.D. avec agence

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Georges Frêche, dans son bureau au conseil régional de Montpellier, le 29 janvier 2010.
Georges Frêche, dans son bureau au conseil régional de Montpellier, le 29 janvier 2010. — REUTERS

Un Bureau national très attendu. Ce mardi après-midi, le PS doit débattre du cas Frêche, et investir la maire de Montpellier, Hélène Mandroux, pour contrer le président du Languedoc-Roussillon mis à l'index.

Cet organe de la direction, réuni à 17h sous la présidence de Martine Aubry, devrait entériner sans difficulté la proposition de la première secrétaire d'une liste alternative en Languedoc-Roussillon, conduite par Hélène Mandroux, à la suite du dernier dérapage verbal de Georges Frêche sur la «tronche pas catholique» de Laurent Fabius.

Opération de persuasion


Le bras droit de la première secrétaire, François Lamy, a joué les missi dominici durant le week-end à Montpellier pour aider à la constitution d'une liste Mandroux et mener une difficile opération de persuasion auprès des cadres et co-listiers restés fidèles au président sortant, prompts à dénoncer l'«acharnement» anti-Frêche de la direction parisienne.

«Le Bureau national va officialiser la candidature d’Hélène Mandroux et mettre en place la procédure de clarification par rapport à la liste officielle», selon plusieurs sources à Solférino. «Il y aura une liste PS, avec 67 candidats, en Languedoc-Roussillon, il n'y en aura pas deux», assure-t-on. «Si vous choisissez la liste Frêche, alors vous quittez le parti», explique-t-on, en allusion aux statuts du PS stipulant que tout candidat «indiscipliné», concurrent du postulant officiel, se met «en dehors du parti».

Bras de fer


Mais, pour l'heure, la direction ne veut parler ni d'exclusion ni de mise sous tutelle de fédérations parmi les puissantes du PS. Elle espère toujours rallier des rétifs une fois l'investiture Mandroux officialisée.

Reste que le bras de fer avec les édiles locaux est engagé: des parlementaires, des dirigeants de fédérations de la région et les co-listiers de Frêche ont tous dénoncé lundi de manière virulente les positions «anti-démocratiques» de Martine Aubry, la sommant de respecter le choix des militants.

Ils ont fustigé «l'acharnement de certains membres de la direction» qui «foulent au pied la démocratie interne au profit d'ambitions personnelles» et se sont élevés contre «la violation flagrante des statuts» imposant le respect du vote des militants.

Frêche menace d'attaquer le PS en justice


Geogres Frêche, a pour sa part annoncé qu'en cas d'exclusion du PS de socialistes fidèles à sa liste, il attaquerait en justice le parti socialiste «pour non-respect du vote des militants». «Nous appelons Martine Aubry à respecter les règles démocratiques du parti (...). Nos listes ont été validées par une convention, elles ne pourraient être changées que par une autre convention. Donc, Martine Aubry pourra décider ce qu'elle veut, mais nous ferons appel devant les tribunaux. C'est ce qui sera décidé mercredi matin», a déclaré George Frêche au Point.fr.

Pour avoir une chance de passer devant Frêche au second tour, le PS cherche à rassembler Europe-Ecologie (EE), qui vient de boucler sa liste, en lui proposant de s'unir derrière Hélène Mandroux.