Ali Soumaré «n'a pas vocation à se prononcer sur le caractère raciste ou non» des propos du maire de Franconville

POLITIQUE Sur la question, l'UMP communique en ordre dispersé...

O.R. et J. M. avec agence

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Ali Soumaré, tête de liste PS aux régionales 2010 dans le Val d'Oise, à un meeting parisien le 31 janvier 2010.
Ali Soumaré, tête de liste PS aux régionales 2010 dans le Val d'Oise, à un meeting parisien le 31 janvier 2010. — HALEY/SIPA

Le maire UMP de Franconville Francis Delattre affirme ne pas avoir tenu de propos racistes à l'encontre de la tête de liste du PS dans le Val-d'Oise Ali Soumaré. Il affirme avoir simplement voulu souligner le côté «réserviste» du socialiste.

Ali Soumaré refuse de polémiquer

Francis Delattre avait déclaré à propos d'Ali Soumaré, qui est d'origine malienne: «Au début, j'ai cru que c'était un joueur de l'équipe réserve du PSG. Mais en réalité, il est premier secrétaire de la section de Villiers-le-Bel. Ca change tout!»

Ali Soumaré, de son côté estime qu'il «n'a pas vocation à se prononcer sur le caractère raciste ou non» de la sortie de Francis delattre, a confié à 20minutes.fr un de ses proches conseillers. Le candidat aux régionales ne souhaite plus s'exprimer sur le sujet. «Il n'a pas à commenter ça», explique son collaborateur. Selon lui, «Ali Soumaré refuse de polémiquer sur ces propos méprisants, qui passent à côté de l'enjeu de la campagne».

«Aucune trace de propos racistes»

«J'ai relevé que le parti socialiste avait choisi un inconnu pour conduire la liste socialiste dans le Val-d'Oise. Ensuite, j'ai fait une allusion à l'équipe réserve du PSG pour souligner le côté réserviste de cette candidature», a expliqué Francis Delattre dans un communiqué publié dimanche.

«Il n'y a aucune trace de propos racistes dans cette expression! Il n'y a aucune stigmatisation d'autant que je n'ai jamais vu ni même aperçu Monsieur Soumaré», ajoute-t-il.

Ce n’est pourtant pas l’avis de tous. Après le PS ce week-end, c’est au tour de Franck Riester, directeur national de la campagne UMP des régionales, de condamner, sur RFI, des déclarations «scandaleuses», les jugeant «du même niveau» que celles de Georges Frêche sur Laurent Fabius.

«Ce type de dérapage ne doit pas être toléré»

«Ce type de dérapage ne doit pas être toléré», a précisé Franck Riester. «Mais le maire de Franconville n'est pas tête de liste en Ile-de-France, c'est Valérie Pécresse», a tempéré le député de Seine-et-Marne, alors que «Georges Frêche en Languedoc-Roussillon était tête de liste avec le soutien du PS», avant que le parti de Martine Aubry ne décide de présenter une liste alternative contre lui.

Comme on lui demandait si le maire de Franconville devait être sanctionné, il a répondu: «On verra la décision qui va être prise par l'UMP mais, en tous cas, je pense qu'il faut ne pas laisser (passer) ce type de remarques qui sont totalement désobligeantes, scandaleuses même».

Selon Franck Riester, ce n'est pas le débat sur l'identité nationale qui provoque ce genre de dérapages. «Au contraire, peut-être que ce débat va permettre que les uns et les autre puissent discuter, échanger, se respecter, s'écouter et que celles et ceux qui tiennent ce type de propos soient écartés de notre vie politique».

«On peut trouver ça drôle ou pas drôle»

Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a déclaré lundi qu'il «n'accepter(ait) pas que l'on place sur le même plan» les propos de Georges Frêche et ceux de Francis Delattre. Il a évoqué lors de son point de presse hebdomadaire une «opération d'enfumage» organisée par le PS autour des propos jugés «racistes» de Francis Delattre «pour masquer» le dérapage du président (ex PS) du Languedoc-Roussillon.

«Des propos, a-t-il ajouté, d'une gravité telle que tous les démocrates de ce pays s'éloignent de M. Frêche avec ce qu'il a dit». Le maire UMP de Franconville «a sans doute eu une formule pas très heureuse mais qui en aucun cas - d'ailleurs celui qui en a été l'objet (Ali Soumaré, ndlr) l'a dit lui-même - n'est raciste», a insisté Frédéric Lefebvre.

Ces «propos visaient», selon lui «à expliquer que dans le Val d'Oise, les socialistes sont tellement peu fiers de leurs personnalités politiques qu'ils ont décidé de mettre en avant des inconnus d'où la référence à "équipe réserve du PSG", c'est-à-dire en clair les seconds couteaux».

«On peut trouver ça drôle ou pas drôle (...) mais essayer comme le fait une partie des socialistes de monter tout ça en épingle pour essayer d'atténuer la question Georges Frêche, je trouve que ça n'est pas très digne», a conclu le porte-parole.