Languedoc-Roussillon: Georges Frêche est-il indétrônable?

POLITIQUE Si le président de région contrôle toutes les fédérations socialistes locales, ses dernières déclarations et l'apparition d'une nouvelle liste PS peuvent lui nuire...

Corentin Chauvel

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Georges Frêche, président controversé de la région Languedoc-Roussillon, à Prades le 28 janvier 2010
Georges Frêche, président controversé de la région Languedoc-Roussillon, à Prades le 28 janvier 2010 — DAMOURETTE/SIPA

«Ici, les gens ils m'aiment». Georges Frêche ne craint personne et surtout pas les menaces qui viennent d'en haut, du Parti socialiste (PS), à Paris: «On en a marre en Languedoc-Roussillon des Parisiens avec leurs escarpins vernis qui nous donnent des leçons.»

Parisiens contre Languedociens: une stratégie payante? Dans ses dernières interventions, le président de région s'est mis constamment en porte-à-faux avec le pouvoir central, jouant à fond la carte locale.

Une lutte contre Paris


«Sa sincérité est dans son refus de la langue de bois comme dans l'incarnation qu'il donne à la lutte contre Paris. Frêche a reconverti la tradition vitupérante du socialisme viticole en protestation urbaine», analysait ainsi Paul Alliès, le secrétaire national à la rénovation du PS, sur son blog en décembre dernier.

Une stratégie en tout cas logique selon le politologue Rémi Lefebvre. «Grâce à un clientélisme qui dure depuis des années, Georges Frêche est toujours incontournable dans le Languedoc-Roussillon», affirme spécialiste du PS à 20minutes.fr.

«Les frêchistes tiennent l'appareil, mais pas les électeurs»


Le président de région pourra-t-il alors garder son trône un mandat de plus malgré ce regain d'opposition à son encontre? Robert Navarro, le président de la fédération socialiste de l'Hérault, n'en doute pas. Il a apporté son soutien à Georges Frêche ce vendredi, rappelant la puissance des «15.000 militants, assez unis», de la fédération du Languedoc-Roussillon.

Cependant, «les frêchistes tiennent l'appareil, mais pas les électeurs», contestait Jean-Louis Roumégas, tête de liste d'Europe Ecologie dans la région, à 20minutes.fr en décembre dernier. Une opinion partagée par Rémi Lefebvre: «C'est une question d'offres. Avant, il n'y avait pas d'alternative à gauche, désormais il y en a une avec la liste d'Hélène Mandroux».

Le Languedoc-Roussillon sacrifié?


Mais une liste PS de plus pourrait coûter la région à la gauche. Un sacrifice tout réfléchi selon Rémi Lefebvre: «A l'approche de 2012, les déclarations déplacées de Georges Frêche coûtent désormais très cher au niveau national.» Martine Aubry veut désormais «redorer son blason et apparaître comme rénovatrice», et cela, au niveau national, ajoute le politologue.

Georges Frêche a déclaré ce vendredi que «le show parisien» ne l'intéressait pas, mais, après des années d'attentisme, le bureau national du PS apparaît enfin décidé à investir sa «France d'en bas à soi seul», dixit Paul Alliès, et à démonter définitivement son système.