Pour la Licra, les propos de Frêche sont «une stratégie délibérée afin de glaner les votes des électeurs du Front National»

REACTIONS Et le député socialiste n'est pas le seul politique à réagir aux propos de Georges Frêche sur Laurent Fabius…

B.D. avec agence

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Georges Frêche, qui, bien qu'exclu du PS, avait été désigné tête de liste (divers gauche) par la fédération socialiste de l'Hérault pour les sénatoriales de septembre, a finalement renoncé à conduire cette liste et à être élu sénateur pour se consacrer à l'agglomération de Montpellier qu'il préside.
Georges Frêche, qui, bien qu'exclu du PS, avait été désigné tête de liste (divers gauche) par la fédération socialiste de l'Hérault pour les sénatoriales de septembre, a finalement renoncé à conduire cette liste et à être élu sénateur pour se consacrer à l'agglomération de Montpellier qu'il préside. — Pascal Guyot AFP/Archives

Le nouveau dérapage verbal de Georges Frêche, soutenu de facto par le PS aux régionales, suscitent un tollé.

Le député socialiste de l'Essonne, Manuel Valls, a appelé jeudi son parti «à rompre définitivement» avec Georges Frêche, qui fait «honte à la gauche et à la République», et à présenter une liste aux régionales en Languedoc-Roussillon contre lui.

Il fait écho au député PS de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, qui a appelé à constituer une liste PS contre Georges Frêche aux régionales en Languedoc-Roussillon, estimant qu'«il est temps d'en finir» avec le président sortant de la région après ses propos «nauséabonds» sur Laurent Fabius. «Maintenant, il faut qu'il en paie le prix, il vaut mieux perdre une région que de perdre son âme. De tels propos sont inacceptables», a ajouté le président du conseil général de Seine-Saint-Denis.

Georges Frêche s'estime victime d'une «chasse à l'homme»


Georges Frêche a déclaré à l'adresse de Laurent Fabius, d'origine juive : «Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique». Sollicité par lepoint.fr, l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius n'a pas souhaité réagir et lance, sibyllin : «Vous verrez dans quelques jours.» Georges Frêche s'est pour sa part estimé jeudi victime d'une «chasse à l'homme», affirmant que ses propos avaient été «déformés à dessein».

L'eurodéputé PS Vincent Peillon qui avait soutenu Georges Frêche, président DVG sortant du Languedoc-Roussillon, a affirmé jeudi que celui-ci avait «des excuses à faire» sur ses propos «inacceptables», si «vraiment ça a été prononcé».

Des propos «à vomir» pour Filippetti


Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale a indiqué dans un communiqué que les propos de Georges Frêche étaient «à vomir» et insultaient «les valeurs de la démocratie».

Pascale Boistard, secrétaire nationale du PS aux adhésions et initiatrice de la pétition qui a conduit à l'exclusion de Georges Frêche du parti en 2006 a indiqué que «les propos de Georges Frêche sur un homme d'Etat de la dimension de Laurent Fabius rappellent les heures les plus sombres de notre Histoire», et demandé «aux socialistes du Languedoc Roussillon de proposer un autre choix aux électeurs, c'est à dire une autre liste fondée sur le rassemblement de la gauche et le respect de ses valeurs».

Excuses


Jack Lang a également demandé de «présenter immédiatement (ses) excuses» à Laurent Fabius, lui reprochant d'avoir commis «un acte grave» en insultant avec «des propos quasiment racistes» l'ancien Premier ministre socialiste.

Noël Mamère, député-maire Verts, a affirmé: «Je ne peux pas imaginer qu’il n’ait pas mesuré la portée et la connotation de ses propos.»

A gauche de la gauche, le numéro 2 du PCF, Pierre Laurent, a estimé jeudi qu'il était «urgent que la gauche se réveille» après les propos «indignes» de Georges Frêche. Il a souligné qu'il «y en a assez de ce renoncement permanent».

«Un Le Pen de gauche» selon Raoult

Du côté de l'UMP, le député de Seine-Saint-Denis Eric Raoult a déclaré avoir «découvert un Le Pen de gauche» en Georges Frêche, et a affirmé avoir cru que c'était le «1er avril».

Frédéric Lefebvre s'est demandé dans un communiqué si «l’indignation» du PS n’était pas qu'une «indignation de façade». «Nous condamnons fermement la nouvelle sortie inadmissible du candidat socialiste en Languedoc Roussillon. Nous demandons à Martine Aubry de mettre en accord ses actes avec ses paroles à un moment où, on le voit avec ce qu’il vient encore de se passer à Strasbourg, plus que jamais, la communauté juive a besoin d’une parole claire de tous les républicains.»

SOS Racisme appelle le PS à «arrêter de se compromettre avec ce personnage»

Le porte-parole de l'UMP a indiqué qu'il y a «suffisamment de listes de gauche en Languedoc Roussillon pour que le Parti Socialiste retire son soutien à Georges Frèche et l’accorde à une autre liste», prévenant que si le PS ne prenait pas cette décision, «ce serait un nouvel exemple de double langage».

Mercredi, la première secrétaire du PS Martine Aubry a annoncé qu'elle saisirait mardi prochain la direction du PS pour «décider des suites» aux propos «indignes» de Georges Frêche. SOS Racisme a pour sa part exprimé sa «consternation». L'association a demandé au parti socialiste «d'arrêter de se compromettre avec ce personnage» et de lui «retirer son soutien» pour les élections régionales , après des propos qu'elle juge «indignes d'un élu de la République».

«Nouvelles preuves de la vitalité et de la vivacité des courants racistes, antisémites et nazis» en France


Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif) déplore que Georges Frêche a pris «le risque de réveiller des stéréotypes antisémites qu'il importe d'effacer du débat public». Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) se déclare «scandalisé par ces propos, qu'il faut bien qualifier d'antisémites, et les condamne sans aucune réserve».

Pour la LICRA, «il s’agit d’une stratégie délibérée afin de glaner les votes des électeurs du Front National dans la région qu’il convoite.»