La réunion sur le déficit public a lieu ce jeudi matin à l'Elysée

POLITIQUE Les élus de gauche ont d'ores et déjà annoncé qu'ils n'y participeraient pas...

B.D. avec agence

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Les députés se penchent mardi sur les crédits alloués à l'Elysée pour 2008, qui devraient tripler de 32 à 100 millions d'euros en réintégrant l'ensemble des personnels travaillant pour la présidence de la République.
Les députés se penchent mardi sur les crédits alloués à l'Elysée pour 2008, qui devraient tripler de 32 à 100 millions d'euros en réintégrant l'ensemble des personnels travaillant pour la présidence de la République. — Patrick Kovarik AFP/Archives

Réunion au sommet. Nicolas Sarkozy rassemble ce jeudi matin à 10h à l'Élysée presque tous les acteurs de la dépense publique, pour réfléchir aux moyens de faire baisser le déficit. Tous? Pas exactement, car les régions et les départements échaudés par la suppression de la taxe professionnelle et la création du conseiller territorial, ont prévu de boycotter la réunion.

Pourtant, il y a matière à discussion: le déficit public français, prévu à 7,9% du produit intérieur brut (PIB) en 2009 et 8,2% en 2010, a atteint des niveaux historiques avec la crise, qui a asséché les recettes fiscales et contraint l'Etat à multiplier les dépenses pour relancer la machine. Même constat pour la dette, attendue à 83,2% du PIB en 2010.

Limiter les dépenses


La France doit pourtant revenir d'ici 2013 sous les 3% du PIB de déficit autorisés par Bruxelles. Mais pas question, surtout à deux mois des régionales, d’annoncer une hausse des impôts. Seule une baisse drastique des dépenses publiques, qui représentent chaque année plus de 1.000 milliards d'euros, pourrait lui permettre d'assainir ses finances.

Pour respecter ses engagements européens, la France devra dégager cent milliards d'euros d'ici 2013, a calculé Eric Woerth. Et les collectivités locales devraient être mises à contribution, en limitant l'augmentation de leurs dépenses à 2 ou 3% par an, au lieu de 6%.

Et cela ne plait pas du tout aux collectivités locales: «Il y a eu le transfert des charges sans transfert équivalent de moyens, les régions votent des budgets en équilibre, elles mettent beaucoup plus dans le plan de relance que l'Etat, leur taux d'emprunt est modéré: je ne me sens pas responsable du déficit de l'Etat!», s'est exclamé le président de la région Bourgogne, François Patriat (PS).

Régions et départements «pas responsables»

«J'ai pris la décision que nous n'irions pas nous prêter à un exercice pour lequel nous n'avons aucune responsabilité», a déclaré Claudy Lebreton (PS), président de l'Assemblée des Départements de France (ADF). L'Association des Régions de France (ARF) et son président Alain Rousset (PS) boycottent aussi cette réunion inédite à laquelle le président a convié les représentants des trois grandes associations d'élus, des organismes sociaux, et du Parlement.

Le président de la région Rhône-Alpes, le socialiste Jean-Jack Queyranne a qualifié la conférence de «mascarade à la veille des élections» régionales. En effet, selon un sondage Ifop réalisé pour Fondapol, publié ce jeudi dans Le Figaro, «75% des Français s’inquiètent de la dette», et 9 Français sur 10 se prononcent pour une réduction des dépenses publiques.

Pas de décision ce jeudi


Le président de la troisième grande association d'élus invitée, l'Association des Maires de France (AMF), Jacques Pélissard (UMP), se rendra à la conférence pour y affirmer que les déficits sont le fait de l'Etat et des organismes sociaux, non des collectivités locales.

Cependant, l'essentiel des décisions ne devrait pas être arrêté ce jeudi, mais plus tard, lors d'une deuxième conférence, vraisemblablement en avril, après les élections régionales. Trois conférences ont déjà été organisées depuis 2006 à Bercy pour tenter d'assainir les finances publiques. Sans résultat probant.