Nicolas Sarkozy veut rassurer les Français, tous les Français

POLITIQUE Il s'exprimera sur TF1 lundi soir pour expliquer ses réformes et sa politique...

Oriane Raffin

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Nicolas Sarkozy au sommet de l'UE le 11 décembre 2009
Nicolas Sarkozy au sommet de l'UE le 11 décembre 2009 — WU WEI/CHINE NOUVELLE/SIPA

Pour clore ses voeux, Nicolas Sarkozy a décidé de venir s’exprimer sur TF1, sa première intervention télé de l’année. Après une première salve le 31 décembre, et une bordée de vœux ciblés (aux enseignants, aux forces vives, aux professionnels de la culture, etc...), ce lundi, c’est à tous les Français que le président de la République a décidé de s’exprimer.

«L'idée est simple et précise», explique Franck Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, joint par 20minutes.fr, «c'est le début de l'année et l'idée c'est de tracer les perspectives de l'année et faire un bilan de ce qui a été fait. Le président a fait des voeux ciblés, devant des publics différents, là il va s'adresser à l'ensemble des Français.»

Expliquer et rassurer

Objectif: expliquer et rassurer. A environ 1.000 jours après son élection, Nicolas Sarkozy se rapproche du scrutin régional, difficile pour l’UMP et sa cote de popularité reste dans le rouge. Selon le baromètre mensuel Ifop-Journal du dimanche, 38 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de son action. «Nous sommes dans une période charnière, entre la crise et la sortie de crise, il faut donner des perspectives», estime Franck Louvrier.

Une analyse partagée par Frédéric Dabi, Directeur du Département Opinion et Stratégies d'Entreprise de l'Ifop, contacté par 20minutes.fr: «Le président de la République est chroniquement minoritaire dans l'opinion depuis janvier 2008. Il y a un problème de crédibilité de la parole présidentielle. Nicolas Sarkozy s'est exprimé en décalage avec les inquiétudes des Français: ils voulaient entendre parler d'emploi, d'économie et de social, il a parlé environnement, investissements, etc.» C'est donc l'occasion pour Nicolas Sarkozy de réaffirmer le cap de son gouvernement. «Il va ainsi essayer de reprendre la main», explique Frédéric Dabi, une période cruciale, à mi-mandat. «Après les régionales, on bascule dans la deuxième partie et dans la campagne présidentielle, il est essentiel pour lui de reprendre la main maintenant», précise Frédéric Dabi.

Pour Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale, «il est important qu'en ce début d'année, à mi-mandat, le chef de l'État remette en perspective ce qui a été fait et explique comment va être poursuivi le mouvement de réformes indispensables pour le pays». Quant à Michèle Alliot-Marie, elle souligne l'importance de cet effort de pédagogie sur les réformes après les couacs enregistrés dans la majorité sur la réforme de la taxe professionnelle, la réforme territoriale ou la lutte contre le téléchargement illégal sur Internet.

Attendu sur l’emploi, les retraites et le pouvoir d’achat

Du côté des Français, c’est en priorité sur l'emploi, les retraites et le pouvoir d'achat que des réponses du chef de l'État sont attendues, selon un sondage TNS-Sofres pour Europe1. L'actualité a rajouté un motif de préoccupation, avec la polémique autour de la double casquette d'Henri Proglio chez EDF et Veolia.

«Les Français ne doutent pas de la capacité de Nicolas Sarkozy à réagir en cas de crise», relève le politologue Stéphane Rozès, «mais ils ont plus de mal à distinguer le cap de sa politique».

Grands consommateurs de sondages, les stratèges de l'Elysée ont eux aussi constaté le divorce du président d'avec une partie de l'électorat populaire qu'il avait réussi à capter en 2007. «La sortie de crise est une période délicate car elle libère les appétits et avive les tensions sociales», note un conseiller de Nicolas Sarkozy, «il faut donc plutôt jouer le consensus et le rassemblement».

Burqa, identité nationale, crise économique, échec du sommet de Copenhague sur le climat, éducation, grippe A, élections régionales, désastre humanitaire en Haïti. Les sujets chauds ne manquent pas, mais ils sont loin de faire le consensus.

Et vous, qu’attendez-vous de l’intervention de Nicolas Sarkozy? Quels sujets souhaitez vous qu’il aborde?