Le PS lance la Coopol, son réseau social en ligne

POLITIQUE A l'occasion des voeux de Martine Aubry, le site a été rendu public...

Oriane Raffin

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La page d'Anne Hidalgo sur le site la Coopol, le réseau social du Parti socialiste.
La page d'Anne Hidalgo sur le site la Coopol, le réseau social du Parti socialiste. — DR

«Allez, j’envoie un petit message à mes coopains de la Coopol». Les yeux plissés devant l’écran pour cause de lunettes oubliées, Martine Aubry teste, devant la presse, le nouveau réseau social du Parti Socialiste, ce mardi à Paris, rue de Solférino. «C’est un peu un FaceBook de la gauche», résume Benoît Thieulin, créateur de la Coopol et secrétaire de la section numérique du PS.
 
Si le lancement des Créateurs de possibles, le réseau social de l’UMP, s’est fait en catimini, la semaine dernière, celui de la Coopol s’est fait à grands fracas. Le PS a décidé de le rendre accessible à tous le jour de la présentation des voeux de Martine Aubry à la presse.
 
Coopol, c’est la «coopération politique». Concrètement, un site où militants et sympathisants peuvent se retrouver. Les socialistes entendent y faire vivre le débat. Et au-delà d’un site de partage d’idées, le PS a voulu développer «un outil qui permet une meilleure organisation», confie Martine Aubry. Avec des événements, des débats, mais aussi du partage de liens, de vidéos, d’articles ou de sons.
 
Le modèle, c’est Barack Obama
 
«Internet, ce n’est pas pour la cyber-campagne uniquement, cela doit être utilisé pour l’optimisation de sa campagne de terrain. Et là, c’est un outil prodigieux», estime Benoît Thieulin. Barack Obama a été le premier à prendre conscience de l’utilité du Web dans la campagne, en 2008. «Il a réussi à construire un mouvement sur Internet, à partir de pas grand chose», résume Valerio Motta, responsable du service Web du PS.
 
Le PS a donc voulu faire pareil. «Chaque section va disposer de ses outils. A terme, cela sera très précis. On connaîtra par exemple les quartiers avec un fort taux d’abstention, où il sera particulièrement intéressant d’aller tracter», poursuit Valerio Motta.
 
Chaque secrétaire de section peut aussi indiquer le nombre de militants dont il a besoin, par exemple pour distribuer des tracts sur un marché. Chaque coopain peut s’inscrire, pour satisfaire la demande en bénévoles...
 
Ratisser plus large que les simples militants
 
Mais plus que les adhérents au PS, ce sont tous les sympathisants de gauche qui sont attendus sur le réseau social. «Beaucoup de Français n’ont pas envie d’adhérer à un parti», explique Martine Aubry, «mais ils ont un sujet qui leur tient à coeur, et peuvent ainsi contribuer à un débat, sans adhérer».
 
«Notre objectif, c’est aussi l’ouverture à l’extérieur», reprend Benoît Thieulin, «les partis politiques ont une organisation géographique et pas thématique. Donc si un enseignant adhère, dans sa section, il abordera de nombreux autres thèmes que l’enseignement. La Coopol permet de doubler l’organisation territoriale par une organisation affinitaire. Un enseignant, par exemple, pourra ainsi rejoindre un groupe de profs».
 
5.000 inscrits
 
5.000 militants sont déjà inscrits - dont 2.500 actifs selon le service Web du PS. Il faut dire que les inscriptions ont été ouvertes progressivement, depuis 1 mois et demi, aux seuls adhérents PS.
 
Pascale Boistard, secrétaire nationale à l'organisation et aux adhésions, inscrite depuis un mois sur la Coopol, est enthousiaste. «Je trouve ça bien, un peu comme Facebook. On entre en contact avec des camarades à l’autre bout de la France, on peut créer des groupes de travail virtuel. Cela développe un autre type de liens entre militants».
 
«Dès que je rentre chez moi, à partir de maintenant, je serai sur la Coopol, à la place de mes mails», conclut Martine Aubry, qui pense ainsi être «un peu geek».