Quand Jospin s'en prend à Chirac, Villepin et leurs «méthodes de voyous»

POLITIQUE Confessions de l'ancien Premier ministre...

P.K.

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Pierre Andrieu AFP/Archives

Dans le langage presque toujours très policé employé par Lionel Jospin, les mots font sursauter. Evoquant la cohabitation avec Jacques Chirac, à partir de juin 1997 jusqu'à 2002, Lionel Jospin se souvient de relations «courtoises», «rarement vives» avec le chef de l'Etat d'alors. Mais ces relations ont «été peu confiantes», ajoute Lionel Jospin. «Les affaires qui concernaient l'autre camp sont venues pourrir notre action».

«Le pouvoir en place, Jacques Chirac, Dominique de Villepin et leurs amis ont systématiquement cherché à me mettre en cause, à m'affaiblir, à me salir (...) Si sont utilisées des méthodes de voyou, répondre par des méthodes de voyou ne fait pas avancer la République. C'est le côté crasseux de la politique que je n'ai jamais voulu utiliser.»

«J’ai surestimé la perception positive de mon bilan»

Des attaques prononcées dans un «film-confession» diffusé les 14 et 2 1janvier, et dont le JDD cite des extraits. L’ancien Premier ministre y assume la défaite au premier tour de l’élection de 2002. «J'ai surestimé le rejet de Jacques Chirac, j'ai surestimé la perception positive de mon bilan. J'ai sous-estimé l'impact qu'avait la division de la gauche, j'ai sous-estimé le premier tour. Ma campagne n'a pas été assez offensive. Mais quand l'attelage va à hue et à dia, c'est difficile d'être bon.»

Récusé par les Français, Lionel Jospin n’en considère pas moins qu’il aurait fait mieux que Jacques Chirac à la tête de l’Etat: «j’ai le sentiment que cinq années avec nous auraient été préférables à la stagnation du quinquennat chiraquien.»