Des voeux sobres après une année laborieuse pour Sarkozy

Bérénice Dubuc

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L.KALNINS / REUTERS

Des vœux sous le signe de l’innovation. La prestation du chef de l'Etat de ce 31 décembre a pour objectif de trancher avec les précédentes. Cette année, le message présidentiel enregistré est enrichi d'un court générique et consultable, en même temps qu'à la télévision, sur Internet ou téléphone portable.

D'une vingtaine de secondes, le clip d'ouverture sera constitué d'images «qui symbolisent la France», explique la présidence: patrouille de France ou le dernier 11 novembre. Une façon de faire oublier une année couleur charbon pour Nicolas Sarkozy, douze mois ponctués de nombreuses polémiques, et de plusieurs déconvenues.

Echecs


Ainsi, le seul mois de décembre a vu trois revers majeurs infligés au président. Lundi dernier, le fleuron de l'industrie nucléaire française, le réacteur de 3e génération EPR n'a pas su convaincre les décideurs d'Abou Dhabi. Le coût du réacteur construit par Areva aurait pesé lourdement dans le choix de l’Emirat en faveur de l'offre proposée par le sud-coréen Kepco.

Et mardi, le Conseil constitutionnel a rejeté la «taxe carbone», mesure phare du budget 2010 et fer de lance du nouveau penchant écologique de Nicolas Sarkozy. Un camouflet qui doit rappeler au Président le fiasco du sommet de Copenhague sur le climat, en faveur duquel il s'était personnellement impliqué.

Image négative


Ces derniers échecs font écho à d’autres revers qui ont eu plus tôt dans l’année, à l’image de la très difficile et très décriée fusion ANPE-Unedic au sein de Pôle emploi. De plus, les promesses non tenues en matière de pouvoir d’achat du fait de la crise, le chômage persistant qui doit continuer de progresser en 2010, la dette et les déficits publics (84% et 8,5% du PIB pour 2010), sans compter le débat sur l'identité nationale qui a généré des dérapages anti-musulman, donnent indubitablement une image négative de Nicolas Sarkozy aux Français.

Certaines polémiques, comme celle déclenchée par la tentative avortée de Jean Sarkozy de se faire élire à la tête de l’Epad, ont également eu un impact négatif sur le chef de l’Etat, accusé de vouloir tout contrôler et de remettre à l’ordre du jour le droit du sang en politique. Et le désaccord, voir la fronde au sein de son propre parti contre certains projets de réforme (taxe professionnelle, réforme territoriale) sont autant de cailloux dans la chaussure du président, qui a vu inexorablement sa côte de popularité baisser au fil des mois.

Une popularité qu’il ne peut se permettre de laisser s’effriter encore, notamment avec le «test» que constituent les élections régionales, prévues pour le mois de mars. Les sondages sont pour le moment favorables à la gauche, à la tête de 20 des 22 régions métropolitaines depuis 2004.