Dérapage de Nadine Morano sur «le jeune musulman», elle se défend

POLITIQUE La secrétaire d'Etat chargée de la Famille a dit vouloir du jeune musulman «qu'il ne parle pas verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers»...

M. D. avec agence
— 
 Nadine Morano, le 27 août 2009 à Paris.
 Nadine Morano, le 27 août 2009 à Paris. — SICHOV/SIPA

Quel lien y-a-t-il entre une casquette et l'Islam? La secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité semble l'avoir trouvé. Nadine Morano a déclaré, lundi soir, vouloir du jeune musulman français «qu’il ne parle pas verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers», lors d’un débat sur l’identité nationale à Charmes dans les Vosges.


«J'ai pris la précaution de filmer ce débat»


«Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est Français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers», a expliqué la secrétaire d’Etat à un jeune homme qui l’interrogeait sur la compatibilité de l’islam avec la République.



Mais la secrétaire d'Etat se défend. «Cette phrase est complétement sortie du contexte. Le titre de la dépêche ( de l'Agence France Presse, ndlr) sort les propos du contexte», explique son entourage à 20minutes.fr. «Elle soulignait justement qu'il ne fallait pas stigmatiser certaines communautés», a-t-on ajouté. «J'ai pris la précaution en plus, parce que je ne voulais pas que des phrases soient sorties de leur contexte, de filmer ce débat et nous le mettrons en ligne», a déclaré la secrétaire d'Etat sur RMC, ce mardi matin. La vidéo aura finalement été mise en ligne en fin d'après-midi.


«Nous parlions de la problématique des jeunes qui viennent des banlieues dont je viens et dont je suis issue, et je disais qu'avec cette caricature, cette stigmatisation qu'il y avait, moi, je leur conseillais, non seulement de ne pas porter leur casquette de travers, de ne pas parler verlan, mais j'expliquais aussi (qu'il fallait) que l'on utilise le potentiel de la double culture», a plaidé sur RMC Nadine Morano, en jugeant que cette double culture était «un atout».

Hommage à Maurice Barrès


La commune vosgienne avait été choisie par l’organisateur de la soirée, le député (UMP) Jean-Jacques Gaultier, parce qu'elle est la ville natale de l’écrivain nationaliste et antidreyfusard Maurice Barrès, référence suscitant la polémique. Une cinquantaine de militants du NPA, Parti de gauche ou Verts ont ainsi manifesté devant la mairie pour protester contre cet hommage à l’écrivain lorrain.


Sur le choix de Charmes pour organiser ce débat, la secrétaire d'Etat a expliqué qu'il ne s'agissait «pas de réhabiliter Maurice Barrès». «Charmes, ce n'est pas que la ville de Maurice Barrès, c'est la ville où est né Maurice Barrès mais ce n'est pas ça le débat sur l'identité nationale», a-t-elle ajouté.


Lors du débat, le président de l’association locale «Mémoire de Barrès», invité comme «grand témoin» à la soirée, a exalté la pensée de l’auteur lorrain, assurant notamment que «la patrie est plus forte dans l’âme d’un enraciné que dans celle d’un déraciné», ou défendant le «nationalisme de Barrès» par opposition au «cosmopolitisme».