Au Congrès des maires de France: «C'est la mort des petites communes»

REPORTAGE Ambiance tendue au salon des maires...

Charlotte Mannevy

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Les maires attendent François Fillon de pied ferme. Le Premier ministre doit s’exprimer mardi après-midi au Congrès annuel des maires de France, porte de Versailles à Paris, mais l’accueil qui lui sera réservé risque fort d’être houleux.

 
Devant l’entrée du parc des expositions, une dizaine d’élus locaux, revêtus de leurs écharpes tricolores, font signer une pétition réclamant le retrait du projet de loi de réforme territoriale et surtout de son volet fiscal, la taxe professionnelle. «On a déjà 2.000 signatures, et on va en recueillir au moins mille de plus. Les élus sont très remontés, il y a des signataires de tous les bords politiques», assure André Yon, adjoint au maire de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne).
 
«14.000 euros qui vont manquer!» 
 
«Cette réforme, c’est la mort des petites communes, affirme Daniel Revel, maire sans étiquette de Saint-Maurice-de-Rotherens, une petite commune de 166 habitants. La taxe professionnelle, c’est 14.000 euros par an pour le village. 14.000 euros qui vont manquer!»
 
La taxe professionnelle c’est aussi le cheval de bataille de Jean Marie Ruant. Le maire PS de Wahagnies (Nord) est inquiet: «ça représente 70% du budget de la communauté de communes. Alors nos administrés ne se rendent pas compte pour le moment, mais il y a des projets qui n’aboutiront pas ou alors il faudra augmenter les impôts. D’ores et déjà la construction de la salle polyvalente est remise en cause».
 
«Il faut être rationnel!» 
 
La compensation de cette source de revenus, garantie, en 2010, il n’y croit pas. Mais dans la foule qui se presse au congrès, il y a tout de même des élus de droite pour défendre la réforme. «Je suis maire depuis 1983 explique Jean-Jacques Ratier (UMP). Et depuis cette date, j’entends que le système ne fonctionne pas. Bien sûr on s’inquiète pour la compensation de la taxe, mais je ne vois pas comment l’Etat pourrait arrêter le financement des collectivités locales, il faut être rationnel!»