Pour Martine Aubry, le débat sur l'identité nationale est «malsain»

POLITIQUE La première secrétaire du PS ne veut pas y participer...

O.R. avec agence

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Martine Aubry à l'université d'été du PS à la Rochelle (Poitou-Charente) le 28 août 2009.
Martine Aubry à l'université d'été du PS à la Rochelle (Poitou-Charente) le 28 août 2009. — AFP/PIERRE ANDRIEU

Martine Aubry, a estimé que le débat sur l'identité nationale tel que proposé par le ministre de l'Immigration Eric Besson, était «malsain» et a déclaré que le PS n'y participerait pas. «Vous voyez bien la supercherie, je dirai même ce côté malsain extrêmement dangereux, quand on veut opposer identité nationale et immigration comme si aujourd'hui, (...) le problème de l'identité de la France c'était les immigrés», a-t-elle déclaré sur RTL. Alors que Ségolène Royal a exhorté la gauche à ne «pas rejeter» ce débat, Martine Aubry a déclaré être «d'accord avec ce qu'elle dit». «Nous sommes d'accord pour parler de l'identité de la France, elle nous appartient aussi à nous la gauche», mais «ce que nous voulons c'est la défendre, la faire vivre» et «pas la manipuler».
 
«L'identité de la France n'est pas ethnique, pas religieuse, pas culturelle»

Les socialistes ne participeront pas au débat car ils estiment qu’il est mal posé. «Nous pensons que l'identité de la France n'est pas ethnique, pas religieuse, pas culturelle» mais «c'est l'appartenance à des valeurs communes», a affirmé Martine Aubry. «Comme d'habitude à droite quand on échoue, au lieu de se poser des questions et de changer de cap, on revient vers le vieux, les vieilles recettes : l'immigration, l'identité, l'insécurité», a-t-elle ajouté.

Pour la patronne du PS, «le problème de l'identité de la France, c'est qu'aujourd'hui on casse ce à quoi nous tenons : notre modèle social, les services publics, la France des droits de l'Homme, la France des libertés quand on s'attaque aux juges d'instruction ou même aux médias, la France de la solidarité, de la fraternité quand on renvoie des Afghans en Afghanistan».
 
«Aujourd'hui, ce n'est pas ceux qui cassent cette France qui doivent nous donner des leçons d'identité nationale», a poursuivi la maire de Lille, rappelant qu'elle menait actuellement un tour de France pour demander aux Français «c'est quoi la France que nous aimons?».