Dans ses mémoires, Jacques Chirac règle ses comptes

LIVRES L'ancien président tape sur ses ennemis politiques et jette des fleurs à d'autres...

Oriane Raffin et Alice Antheaume

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 Jacques Chirac arrive à son bureau parisien le 2 novembre 2009.
 Jacques Chirac arrive à son bureau parisien le 2 novembre 2009. — J. NAEGELEN / REUTERS

«Chaque pas doit être un but». Tel est le titre de cet ouvrage de 500 pages à paraître jeudi (éd. du Nil), Jacques Chirac raconte — en collaboration avec Jean-Luc Barré — ses mémoires, de son enfance à la présidentielle de 1995. Un livre d’autant plus attendu qu’il arrive quelques jours après le renvoi de l’ancien Président devant la justice pour 21 supposés emplois fictifs à la mairie de Paris. Au fil des pages, écrites avec un «je», l’ex-chef de l’Etat évoque les personnes qui ont marqué sa vie. En taclent une partie et en louent d’autres.

Ceux qui prennent cher


Edouard Balladur, ce «calculateur froid»

Edouard Balladur, c’est celui qui l’a trahi. Celui qui s’est opposé à lui en 1995. «J’avais confiance en Edouard Balladur», note l’ancien président. Quand il le nomme Premier ministre, en 1993, cela correspond pour lui à un «contrat moral». Pourtant, Edouard Balladur lui confira plus tard «Jacques... Ne vous y trompez pas. Je ne serai jamais votre Premier ministre».

Valéry Giscard d’Estaing, «la défaite d’un homme est rarement une perte irréparable»

Les relations entre les deux hommes n’ont jamais été au beau fixe. «La communication a toujours été difficile entre Giscard et moi», raconte Jacques Chirac dans ses mémoires, «avant de devenir quasi impossible à la fin de son septennat». Selon Chirac, VGE a cet «art inimitable de paraître oublier ses griefs pour mieux les distiller.»

Nicolas Sarkozy, «le premier à s’éloigner»
Au sujet de l’actuel président de la République, on ressent plutôt une certaine déception de la part de Jacques Chirac. «Nicolas Sarkozy est à mes yeux bien plus qu’un simple collaborateur», pourtant, en 1995, en pleine campagne face à Edouard Balladur, «c’est le premier à s’éloigner».

Ceux à qui il rend hommage

Bernadette Chirac, sa femme

Grâce à son «franc-parler» et ses opinions parfois «tranchantes», elle a pu orienter son mari. «Son intuition, sa capacité d’écoute et son sens politique lui valent souvent d’avoir raison avant tout le monde», confie Jacques Chirac.

François Mitterrand, «d’une finesse de jugement et d’une intelligence tactique que j’ai rarement rencontrées»
«Salut l’artiste, m’est-il arrivé de penser en assistant à quelques-unes de ses prestations», avoue l’ancien président. Jacques Chirac salue son «amour pour la France», ses «valeurs» et rappelle que François Mitterrand était «d’une finesse de jugement et d’une intelligence tactique que j’ai rarement rencontrées en politique». Et de parler notamment de l'abolition de la peine de mort. Si j'avais été élu président de la République en mai 1981, c'est une des premières mesures que j'aurais tenté de faire adopter, mais avec moins de facilité, sans doute, que François Mitterrand.»