Des témoignages remettent en cause la thèse du suicide du ministre Robert Boulin

POLITIQUE Il avait été découvert mort dans 50cm d'eau en 1979...

E.J. (avec agence)
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AFPTV

La fille du ministre Robert Boulin, Fabienne Boulin-Burgeat, va demander la réouverture de l'enquête sur la mort de son père en 1979 après les révélations de nouveaux témoignages. Un ancien ministre a évoqué un assassinat, a déclaré mardi son avocat, Me Olivier Morice.

Robert Boulin, ministre du travail en exercice du gouvernement de Raymond Barre, avait été retrouvé le 30 octobre 1979 dans 50 cm d'eau dans l'étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines (Yvelines). Officiellement il se serait suicidé après avoir absorbé des barbituriques, peu de temps après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière.

«Incontestablement, ce sont des éléments extrêmement importants qui doivent conduire à une réouverture de l'enquête», a affirmé à l'AFP Me Morice. France Inter a révélé mardi les témoignages d'un ancien ministre gaulliste Jean Charbonnel et de la fille d'Alexandre Sanguinetti, membre influent du Service d'action civique (Sac), le sulfureux service de sécurité gaulliste. Selon eux, l'ancien ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing serait mort assassiné, victime d'«un règlement de compte politique», selon Jean Charbonnel.

«La version du suicide ne colle pas et les coupables possibles (...) ont agi à ce moment pour des raisons purement politiques et qui allaient plus loin que les simples affaires immobilières», affirme -t-il.
Selon la fille d'Alexandre Sanguinetti, Robert Boulin disposait d'informations sur un «réseau de fausses factures».

Hématome


La radio évoque également plusieurs autres témoignages, notamment d'un policier et d'un assistant légiste, remettant en cause la thèse officielle du suicide de Robert Boulin.

Le légiste, présent au moment de l'autopsie, évoque «un hématome derrière le crâne», et une coupure au poignet, marque selon lui de «liens très serrés». Une blessure que l'on distingue sur la photo, mais dont il 'nest fait nulle mention dans le rapport d'autopsie, qui ne mentionne pas non plus la blessure au crâne, soit disant à a demande de la famille de Robert Boulin. Selon lui, le ministre «a été assommé».

Ces témoignages «sont de nature à permettre à Fabienne Boulin-Burgeat de saisir le procureur général pour demander la réouverture de l'enquête, ce que nous allons faire», a estimé Me Morice. En 1991, l'enquête ouverte à la suite d'une plainte de la famille s'était alors conclue par un non-lieu.