Le PCF veut des listes autonomes du PS et avec Jean-Luc Mélenchon au premier tour

REGIONALES Ce sont toutefois les militants dans les régions qui trancheront au cas par cas...

20minutes.fr (avec agence)

— 

Le PCF a fustigé dans un communiqué, un "scandale" et un "pseudo-volontariat", "comme si les retraités qui vivent aujourd'hui si nombreux sous le seuil de pauvreté (...) pouvaient avoir le choix".
Le PCF a fustigé dans un communiqué, un "scandale" et un "pseudo-volontariat", "comme si les retraités qui vivent aujourd'hui si nombreux sous le seuil de pauvreté (...) pouvaient avoir le choix". — Mychele Daniau AFP/Archives

Le PCF a largement voté dimanche en faveur de l'autonomie vis-à-vis du PS au premier tour des régionales en souhaitant élargir le Front de gauche créé avec Jean-Luc Mélenchon. Mais des alliances à la carte avec les socialistes pourraient être décidées par les militants en région.

Selon l'«offre nationale» adoptée à 80,3% par le Conseil national, les listes, «en ouvrant un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie, visent à lever une dynamique de rassemblement et de victoire à gauche».

Au premier tour, iIl s'agit donc de poursuivre l'alliance avec le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon et la Gauche unitaire de Christian Picquet (ex-NPA) au sein du Front de gauche créé pour les européennes. Et de l'ouvrir à de «nouvelles forces» issues notamment du mouvement syndical, social ou associatif. Pour Marie-George Buffet (PCF), le Front doit être un «levier pour faire bouger le curseur à gauche».

Au deuxième tour, il faut «des majorités dans les régions» en fusionnant avec le PS et Europe-Ecologie, mais «à l'exclusion du MoDem».

Questions au NPA de Besancenot


Le NPA d'Olivier Besancenot, pour qui «existent deux gauches dotées de programmes contradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions», semble donc écarté. Une quatrième réunion "unitaire", peut-être la dernière, se tient mercredi entre PCF, PG et NPA. «Les amis du NPA» doivent «faire l’effort qui est attendu d’eux» et ne «plus bloquer tout le rassemblement sur la question de la participation» aux exécutifs régionaux, a réagi dimanche Jean-Luc Mélenchon sur son blog.

Mais tout n'est pas forcément si limpide. Des listes PCF-PS pourraient tout de même se constituer au premier tour. Selon les statuts du PCF, les militants doivent valider la stratégie par région, dans un parti qui compte 185 conseillers régionaux.

Des conférences régionales auront lieu les 7 et 14 novembre avant une ratification des militants par région (19-21 novembre). Une décision délicate dans de nombreux endroits: en partant indépendamment du PS, le Front de gauche devra dépasser la barre fatidique des 5% pour pouvoir fusionner ses listes avec ses partenaires. En 2004, le PCF avait franchi ce seuil dans cinq des huit régions où il se présentait sans le PS: Picardie, Ile-de-France, Nord/Pas-de-Calais, Auvergne et Corse.

Gayssot «poursuivre avec le PS et Georges Frêche»


Aux européennes, les listes Front de gauche sont restées sous les 5% dans sept régions: Alsace, Basse-Normandie, Champagne-Ardennes, Franche-Comté, Lorraine, Pays-de-Loire, Poitou-Charentes. Trois dépassaient tout juste ce plancher: Bourgogne, Bretagne et Rhône-Alpes.

Ces données doivent «rentrer en compte dans la réflexion des communistes», a reconnu Marie-George Buffet. Elle a appelé à «faire en sorte qu'il y ait plus d'élus communistes et d'élus non communistes» du Front de gauche. L'autonomie pourrait donc faire long feu dans plusieurs régions, d'autant que de nombreux élus n'en veulent pas. «Ce n'est pas une bonne stratégie», juge Jean-Claude Gayssot, vice-président PCF en Languedoc-Roussillon. L'ancien ministre de Lionel jospin a appellé «poursuivre avec le PS et Georges Frêche» dans sa région. Une possibilité vivement exclue par Marie-George Buffet: «nous ne serons pas avec George Frêche ni au premier, ni au second tour». Le débat n'est donc pas encore clos à la gauche du PS.