Rondot met de mauvaises notes à Villepin

CLEARSTREAM Témoin clé de l'affaire, le général a contredit, ce lundi, la version de l'ancien Premier ministre...

Vincent Vantighem

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Le général Rondot arrive au procès Clearstream le 5 septembre 2009
Le général Rondot arrive au procès Clearstream le 5 septembre 2009 — REUTERS/ Gonzalo Fuentes

Le buste est resté droit, les mains jointes dans le dos. Comme s'il était encore au rapport, le général Philippe Rondot a livré sa version de l'affaire Clearstream à la barre du tribunal correctionnel de Paris. L'exposé a duré 90 minutes. Point par point, l'espion a contredit les explications que Dominique de Villepin a données mercredi dernier aux juges.

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«Le nom de Sarkozy est cité»

Chargé de vérifier l'authenticité des listings Clearstream et l'existence de comptes occultes, le général Rondot a tout consigné dans ses petits carnets à spirale. Hier, il a commencé par revenir sur la fameuse note du 9 janvier 2004. «Dominique de Villepin m'avait demandé de venir. Je me retrouve dans son bureau avec Jean-Louis Gergorin. Le nom de Sarkozy est cité. On parle d'un compte couplé avec un Stéphane Bocsa. Je le note sans comprendre...»

Murmures dans la salle d'audience: en deux minutes, le général vient de percer la défense de Dominique de Villepin. La semaine dernière, l'ancien premier Ministre avait assuré à trois reprises n'avoir jamais évoqué le cas de Nicolas Sarkozy lors de cette réunion.

Et Villepin s'enfonce dans son siège


Voix chevrotante, crâne dégarni: à 73 ans, Philippe Rondot n'a plus l'allure d'un fringant militaire. Mais il en a conservé l'intégrité. «Je repars de son bureau d'autant plus troublé que Villepin me demande de ne pas alerter Michèle Alliot-Marie, qui est alors mon supérieur direct au ministère de la Défense. Ce n'est pas mon habitude...», poursuit-il à la barre. Derrière lui, Villepin prend des notes et commence à s'enfoncer dans son siège.

De son côté, Thierry Herzog, l'avocat de Sarkozy, se frotte les mains. Inconsciemment, il reproduira le geste à plusieurs reprises lors de l'explication de texte. Notamment quand Rondot aborde le second entretien avec Dominique de Villepin. Cette note-là date de juillet 2004. «Je m'étais rendu compte que Clearstream était une manipulation. Je lui fais part de mes résultats et propose de détruire les notes. Il me répond alors: "Si nous apparaissons, le président de la république et moi, nous sautons!" A l'époque, il a encore des doutes.»

La semaine dernière, l'ancien premier Ministre avait bien prétendu le contraire. Comme s'il pensait à ce moment précis, Rondot enfonce alors le clou: «En conclusion, j'ai agi en militaire. Je n'admets pas qu'on mette ma parole en doute. Je n'ai pas un QI de pétoncle!»